V. — LA KAYIVABILITÉ DES SENSATIONS
96. — Lorsque des formes vives de sensations ont été éprouvées, comment se fait-il qu'à Leursuite il s'en produise de faibles qui leur ressemblent? Nous avons à répondre aux questions: Qu'est-ce <pii détermine cette reviviscence? — Quelles sont Les conditions qui rendent ces revh iscences plus ou moins distinctes?
97. — Généralement parlant, les sensations peuvenl être ravivées dans La mesure où elles sonl relationnelles, (-elles qui oui une origine périphérique et externe sont plus facilement représentables que celles d'origine interne, m toutes deux seul plus facilement représentables que les sensations d'origine centrale. In effort musculaire particulier ne peut être représenté aussi vite et aussi clairemenl qu'une couleur ou un son particuliers.
l émotion ne peut être ravivée aussitôt de la même manière
que peut l'être une sensation de lumière ou de son.
— La ravivabilité des sensations passées varie en raison inverse de la vivacité des états présents. Cet antagonisme existe jusqu'à un certain degré entre les sensations passées et présentes
lins. l ;
en général; mais il prévaut à un bien plus haut degré entre les sensations passées et présentes du même ordre. Les impressions visuelles très distinctes offrent une résistance à peine appréciable à l'imagination de sons; mais les sonsque nous entendons tendent nettement à tenir hors de la conscience d'autres sons auxquels nous désirons penser.
99. — Toutes choses égales d'ailleurs, la ravivabilité d'un état de conscience varie avec sa force et le nombre de fois qu'il a été répété dans l'expérience.
99 bis. — La représentation d'une sensation est empochée parla conscience d'autres sensations représentes : à un haut degré quand les sensations sont de môme ordre ; à un degré moindre quand elles sont d'ordre différent.
100. — Outre l'état psychologique, il y a aussi l'état physiologique qui influe sur la ravivabilité des sensations. Lorsque les centres nerveux ont été fa ligués par une activité persistante, les impressions reçues ne peuvent être rappelées aussi clairement ([lie celles qui avaient été reçues avant la fatigue des centresnerveux. Un état complet de réparation, une circulation active et un sang riche en matériaux nécessaires concourent tous à la ravivabilité des sensations.
101. — Une sensation passée quelconque peut, ceteris paribus, être ramenée dans la conscience vivement, faiblement, ou ne pas l'être du tout, suivant que le centre nerveux correspondant est ou non en bon état et bien fourni de sang au moment ou la ravivabilité a lieu ou essaie de se produire.
402. — La qualité, aussi bien que la quantité du sang, modifie également la force avec laquelle une impression est retenue et la facilité avec laquelle elle peut être rappelée.
103. — Le lecteur aura, sans doute, déjà remarqué la correspondance de ces diverses conclusions a posteriori avec les conclusions a priori tirées des données de la Psychologie.