‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 122 sur 409 · VI. — LA RAVIVABILITÉ DES RAPPORTS ENTRE LES ÉTATS DE CONSCIENCE · texte numérisé non relu

VI. — LA RAVIVABILITÉ DES RAPPORTS ENTRE LES ÉTATS DE CONSCIENCE

104. — Nous avons à considérer ici la ravivabilité des rapports en tant que dissociés, peu ou beaucoup, des sensations qui sont en relations mutuelles.

105. — Les rapports, en général, se ravivent plus facilement que les états de conscience en général. Qu'il s'agisse d'un rapport composé de Coexistence, ou de Séquence, <>u de Différence, le rapport esl plus distinctement représentable et plus durable dans la mémoire que ne I i sont ses termes. S'il n'en était pas ainsi, le processus compliqué du raisonnement serait rendu très difficile, si ce n'est impossible, par l'encombrement des matériaux.

106. — Il en est des rapports comme des sensations. Les pins relationnels sont les pins aisés à raviver. Les rapports de Coexistence ont uno ravivabilité qui dépasse de beaucoup celle des antres rapports. Les rapports de Séquence, moins relationnels, se ravivent moins. De simples rapports de Différence (entre les sensations) ne sont pas aussi facilement ravivés que ceux de Différence entré les Coexistences ou les Séquences, ni que les rapports de Coexistence et de Séquence eux-mêmes.

107. — Les rapports des états de conscience présents empêebent la représentation des rapports des autres états. L'antagonisme est encore plus manifeste entre ceux du même ordre qu'entre ceux d'ordres différents.

108. — La représentation de rapports quelconques est entravée par la présence, dans la conscience, d'autres rapports représentés ;cel empêchement, qui est grand, ou même insurmontable si Ir-, deux groupes de rappoj is sonl du môme ordre, esl comparativement petit, s'ils sonl d'ordres différents.

109. — Les conditions physiques favorables à la ravivabilité des rapports entre les sensations sont : un état complet de réparation, une circulation active et nu sang riche en matériaux nécessaires.

110. — En comparant ces vérités subjectives avec les vérités objectives que présente le système nerveux, on reconnaît entre elles une concordance générale.

VIL — l'àSSOCIABIUTÉ DES ÉTATS in CONSCIENCl

1 1 1. — Nous arrivons maintenant à quelques autres vérités relatives aux phénomènes de l'Association, dont il a été en réalité beaucoup parlé.

112. — L'Associabilité et la ravivabilité marchent de pair. D'où il suit que les conditions favorisant la ravivabilité sont lesnièmes que celles qui favorisent rassociabililé. Ces conditions, a la fois psychologiques et physiologiques, ayant été énumérées plus haut, nous n'y reviendrons pas.

113. — Dans chaque association simple il y a deux éléments constants qu'elle présente directement: les sensations et leurs relations, les sensations semblables précédemment éprouvées, et les rapports semblables précédemment éprouvés. — Examinons d'abord comment les sensations, passées ou présentes, se comportent les unes à l'égard des autres.

114. — Les membres des trois grands groupes de sensations, ou états de conscience, se répartissent dans la classe, la sousclasse et la sous-sous-classe de leurprope groupe. C'est une loi qui régit jusqu'aux divisions les plus infimes de genre et de qualité. Cela ne paraît pas aussi manifestement vrai des émotions que des autres états de conscience, par la raison suffisante que les émotions sont les moins relationnelles; tandis qu'à l'inverse, cette intégration est plus évidente dans les sensations épipériphériques, les plus relationnelles de toutes. Quand nous regardons le ciel, nous pensons à sa couleur comme sensation d'origine externe, comme appartenant à la subdivision des sensations appelées visuelles, et au groupe de celles-ci qui a été nommé bleu; cela ne nous suggère ni le rouge, ni le jaune, qui ne sauraient s'unir au bleu dans la conscience.

113. — Cette association est automatique, et constitue la reconnaissance môme de chaque état de conscience. Un état de conscience ne peut former un élément de l'Esprit s'il n'est associé à des prédécesseurs ayant plus ou moins la même nature.

116. — L'associabilité des états de conscience correspond à l'arrangement général des organes nerveux ou les grandes divisions et sous-divisions. L'association de chaque sensation avec des sensations semblables antérieures correspond à la réexcitation physique de la cellule ou des cellules particulières qui, précédemment excitées, produisaient la sensation précédemment éprouvée.

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