‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 143 sur 409 · VII. — LA RAISON · texte numérisé non relu

VII. — LA RAISON

l\ï.i. — Le fait que Vhiabus qu'on place entre la Raison et l'Instinct n'existe pas est impliqué par les arguments «les dernières divisions, el par le raisonnement plus général développé dans la « Synthèse Générale ».

204. — Si l'on étudie une action rationnelle, on verra la transition graduelle entre les actions instinctives et les actions rationnelles. (Miami une impression complexe se confond avec une autre qui lui est alliée de près, il se fait une confusion dans les excitations motrices naissantes, qui cause une certaine hésitation, jusqu'à ce qu'une série — la plus forte — domine les autres, el se traduise en action; et comme cette séquence sera, habituellement, celle qui se sera reproduite le plus souvent dans l'expérience, l'action sera, en général, celle qui s'adaptera le

mieux aux circonstances. Mais une action ainsi produite est un acte rationnel, et c'est le processus que nous avons prévu comme devant avoir lieu chaque fois que, par suite d'une complexité croissante et d'une fréquence décroissante, l'ajustement automatique des relations internes aux relations externes devient incertain ou hésitant. Il devient clair que les actes que nous appelons instinctifs se transforment insensiblement en les actes que nous appelons rationnels. Une preuve de plus nous est donnée parle fait contraire, que les actes que nous appelons rationnels deviennent automatiques ou instinctifs à la suite d'une répétition longtemps continuée.

205. — Il se produit, en même temps, cet ordre de raisonnement qui ne conduit pas directement à l'action, ce raisonnement par lequel la grande masse des coexistences et séquences environnantes est connue. Aussitôt que les groupes d'attributs et de rapports externes reconnus deviennent trop complexes pour .être consolidés en états psychiques isolés, il en résulte l'occasion et la faculté d'inférer les attributs ou relations appartenant à n'importe quel groupe, qui ne sont pas immédiatement présentés.

206. — L'hypothèse de l'expérience suffira-t-elle à nous donner une solution adéquate du problème? Oui. La genèse de l'instinct, le développement de la mémoire et delà raison qui en procèdent, et la consolidation des actes et inférences rationnels enactes instinctifs, sont également explicables parle seul principe que la cohésion entre les états psychiques est proportionnelle à la fréquence avec laquelle le rapport entre les phénomènes externes correspondants a été répété dans l'expérience. Et il en <îst de même pour l'évolution de la raison, de ses formes les plus basses aux formes les plus élevées.

207. — Pour compléter l'argument, il suffirait de montrer, par une synthèse spéciale, que l'établissement de chaque généralisation, simple ou complexe, concrète ou abstraite, s'explique nettement par le principe établi jusqu'ici. La loi générale que la cohésion des états psychiques est déterminée par la fréquence avec laquelle ils se sont suivis l'un l'autre dans l'expérience, fournit une solution satisfaisante des phénomènes psychologiques les plus élevés, comme des plus bas.

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