‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 166 sur 409 · VI. — DU RAISONNEMENT QUALITATIF PARFAIT · texte numérisé non relu

VI. — DU RAISONNEMENT QUALITATIF PARFAIT

292. — On a montré que les intuitions de coextension, coexistence et co-nature sont les seules intuitions qui nous permettent d'atteindre des conclusions exactes. On a examiné une des classes de ces conclusions qui affirment la quantité de certaines existences d'une qualité déterminée. 11 nous reste à examiner une classe où le sujet traité est ou la qualité do certaines existences déterminées, ou l'existence de certaines qualit 's ((('terminées. Nous passons à l'espèce de raisonnement où l'on Iraite de l'égalité — indiscernabilité — de deux rapports semblables par la nature de leurs termes, et par la coexistence de chaque antécédent avec son propre conséquent.

293. — Les raisonnements de cet ordre où les relations de temps seules sont affirmées, présentent dans un grand nombre de cas la même nécessité que celle qui est souvent attribuée exclusivement aux raisonnements quantitatifs. Cette classe de cas se divise en deux sous-classes : l'une renfermant les rapports disjoints, l'autre les rapports conjoints; L'une renfermant toujours quatre phénomènes, l'autre trois seulement. La première comprend ces cas innombrables dans lesquels nous inférons de certains attributs observés dans les objets la présence de certains autres attributs qui en sont inséparables. Comme lorsque nous voyons un coté d'un objet, nous savons qu'il en a un autre. Ici l'acte mental est une intuition de l'égalité de deux rapports de temps disjoints — l'un est un rapport généralisé de coexistence invariable, établi par une infinité d'expériences sans exception, et par conséquent conçu comme un rapport nécessaire ; l'autre est un rapport de coexistence dans lequel un terme n'est pas perçu, mais est implique par la présence du terme concomitant. Le fait affirmé, dans la seconde classe, est, ou la coexistence, ou la non-coexistence de certaines choses, déterminées par leurs rapports connus avec une troisième chose, ou bien la simultanéité Ou la non-simultanéité de certains événements déterminées par leurs rapports connus avec un troisième événement. Ainsi, si les événements A et G ont le même rapport de temps avec un événement 1>, cela implique la connaissance de leur simultanéité. L'acte mental étant ici une intuition de l'égalité ou de l'inégalité de deux rapports de temps conjoints.

294. — C'est a cette seule espèce de raisonnement que semblenl applicables les axiomes que J. S. Mill considère comme impliqués dans le syllogisme. Si nous renfermons la simultanéité (coexistence momentanée) dans notre idée delà coexistence en général, ou peut dire que tons les ras d'intuitions conjointes rentrant dans la seconde division précédente, impliquenl chacune l'une nu l'autre des deux propositions générales :

Les choses coexistant avec la môme chose, coexistent entre elles » et « Lue chose qui coexiste avec une autre chose, avec

Laquelle une troisième chose ne coexiste pas, ne coexiste pas

avec cette troisième chose. - .Mais aucun autre acte de raisonne? nieiii n'implique tacitement ces vérités évidentes par elles-mêmes.

295. — Quand la chose affirmée est quelque rapport nécessaire des phénomènes qui se succèdent, on arrive à l'inférence, comme précédemment, par une intuition de l'égalité des rapports.

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