‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 167 sur 409 · VII. — DU RAISONNEMENT QUALITATIF IMPARFAIT · texte numérisé non relu

VII. — DU RAISONNEMENT QUALITATIF IMPARFAIT

29G. — Tandis que les conclusions du raisonnement qualitatif parfait sont d'une sorte qui ne permet pas de concevoir leur négation, celles du raisonnement qualitatif imparfait nous laissent concevoir, plus ou moins facilement, leur négation.

297. — Le raisonnement qualitatif imparfait se distingue du raisonnement qualitatif parfait par le manque relatif de caractère défini de ses intuitions. Commençant par les degrés où la négation de l'inférence ne peut être conçue' qu'avec le plus grand effort, et finissant avec ceux où elle se présente à l'esprit presque aussi promptement que l'affirmation, il se distingue partout du raisonnement qualitatif parfait, et du raisonnement quantitatif, par la particularité que les rapports comparés ne doivent plus être considérés comme égaux ou inégaux, mais, pour nous servir d'un mot plus général, comme semblables ou dissemblables. \ (Psychologie, 307.)

298. — Il suit de là que ces cas de raisonnement qualitatif imparfait que l'on donne communément dans les traités de Logique comme exemples de processus de pensée exprimés par le syllogisme, contiennent pour la plupart des intuitions de la ressemblance ou la dissemblance des rapports. Quand, pour citer un exemple familier, on dit : « Tous les animaux à cornes sont ruminants ; cet animal a des cornes, donc il est ruminant », l'acte mental indiqué est une connaissance du fait que le rapport entre des attributs particuliers chez cet animal est semblable au rapport entre des attributs homologues chez certains autres animaux. 11 n'est pas nécessaire de parler ici de ce raisonnement qualitatif composé qui se produit toutes les fois qu'on atteint une conclusion, non par une seule intuition de ressemblance ou de dissemblance de rapports, mais par une série d'intuitions de cette sorte. De tels cas sont analogues à ceux du raisonnement quantitatif composé, et consistent, comme eux, en conclusions

successives donl quelquefois tontes sont parfaites, et quelquefois une partie seule est parfaite.

299. — Nous passons maintenant du raisonnement ordinaire, appelé syllogistique, an raisonnement par analogie, dont il diffère simplement en degré. Si les sujets des prémisses nommées majeure et mineure sont très différents, la conclusion que le rapport observé dans la première se trouvera dans la dernière est basée sur l'analogie, qui est d'autant plus faible que la dissemblance est plus grande. Mais si, toutes clioses restant semblables d'ailleurs, le groupe nommé dans la prémisse majeure s'est augmenté d'attributs d'espèces dont chacune, quoique fort dissemblable des autres, a un certain groupe d'attributs en commun avec elles et avec le sujet de la mineure; alors plus le nombre de ces classes différentes est grand, plus la conclusion qu'un rapport subsistant entre elles subsiste aussi dans le sujet de la mineure, se rapproche d'une déduction.

300. — De cette espèce de raisonnement qualitatif imparfait qui procède du général au particulier, nous passons à l'espèce qui procède du particulier au général, en d'autres mots au raisonnement inductif. Tous deux consistent en une comparaison de rapports. Si les rapports connus, groupés ensemble comme étant de la même espèce, dépassent le nombre des rapports inconnus que l'on conçoit comme leur ressemblant, le raisonnement est déductif. Si c'est le contraire, il est inductif. Le procédé inductif s'applique également à l'établissement des rapports les plus simples entre de simples attributs, et les rapports les plus complexes entre des groupes d'attributs et des groupes d'objets. Entre ces inductions enregistrées organiquement pendant nos premières années, sur lesquelles reposent les déductions presque automatiques qui guidenl à chaque instant nos mouvements, et ces inductions de date récentequele savant le plus cultivé est seul apte à tirer, peut se placer une série qui les réunit par des gradations presque insensibles. Dans toute la série, l'acte essentiel est la connaissance d'une ressemblance ■litre certains rapports observés el certains rapports non Observés, mais représentés par l'imagination. Le degréde confiance pie mérite cette connaissance varie quelquefois selon la proportion numérique entre les rapports observés e1 ceux qui ne

le sont pas, quelquefois selon la simplicité de leur nature, quelquefois selon leur analogie avec les rapports établis, quelquefois selon tous ces éléments à la fois.

301. — Dans le raisonnement du particulier au particulier, forme à laquelle l'Induction et la Déduction à la fois peuvent être rabaissées parla diminution continuelle du nombre des faits observés ou affirmés, l'acte mental est une intuition de la ressemblance (ou dissemblance) d'un rapport avec un autre- Ainsi, l'acte de la pensée reste fondamentalement le même.

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