‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 169 sur 409 · IX. — CLASSIFICATION, DÉNOMINATION ET RECONNAISSANCE · texte numérisé non relu

IX. — CLASSIFICATION, DÉNOMINATION ET RECONNAISSANCE

:>10. — Quiconque étudie le Raisonnement, rencontre, dès le début de ses recherches, la vérité que le Raisonnement et la Classification sont alliés de très près. Cette alliance est encore plus étroite qu'on ne le croit cependant. Le Raisonnement et la Classification sont dans une dépendance mutuelle Tune de l'autre, le Raisonnement présupposant La Classification, et celle-ci présupposant le Raisonnement. Ce sont des différents côtés de la même chose — les compléments nécessaires L'un de L'autre. En décrivant le raisonnement comme la classification des rapports, on a impliqué son rapprochement de la classification des entités. Et si nous nous rappelons que, d'une part, la classification «les rapports implique celle des choses ou des attributs eu Ire lesquels ils existent, taudis que, de l'autre, la classification des entités entraîne celle des rapports parmi les attributs qui les composent, on verra combien plus étroite encore paraîtra leur parenté. La ressemblance des rapports est l'intuition commune au raisonnement et à La classification, et a pour résultai l'une ou l'autre suivant que les rapports pensés sont partiels ou totaux.

311. — La parenté entre La Dénomination el le Elaisonnemenl devient manifeste quand nous nous rappelons qu'à L'origine un nom est une reproduction de quelque attribut véritable de la chose nommée. Tout langage, à sou début, esL mimétique. Outre ce fait que pour nous le nom d'une chose se présente a la pensée en môme temps que se présente quelque attribut inféré, nous avons le fait que, primitivement, un nom était littéralement un attribut Inféré transformé — «'lait une inférence, qui, produite

dans l'esprit d'un homme par un acte représentatif, était immédiatement transmise par lui à d'autres hommes sous forme présenta tive.

312. — La Reconnaissance diffère de la classification en partie par ce fait que les deux groupes de rapports comparés présentent habituellement un bien plus haut degré de ressemblance, mais principalement par le fait que ce ne sont pas les rapports seuls qui sont semblables mais aussi leurs attributs constituants. Les objets nous présentent deux sortes de différences : les différences entre leurs propriétés sensibles quand on les considère séparément, et les différences entre les modes dans lesquels ces propriétés sensibles sont coordonnées, ou en rapport, les unes avec les autres. Et si Ton ne peut distinguer de différences entre les propriétés correspondantes ou les rapports correspondants, nous connaissons l'objet comme ayant été perçu antérieurement ; nous l'identifions ; nous le reconnaissons. Nous devons les considérer toutes deux comme des formes de raisonnement. La reconnaissance diffère de la classification simplement par le caractère plus spécial et plus défini des faits inférés.

313. — La communauté générale dénature qui se montre ainsi dans ces actes mentaux désignés par des noms différents confirme, en réalité, nos diverses analyses. Car cet effacement des distinctions conventionnelles, cette réduction des diverses opérations de l'esprit et de celles que nous avons examinées jusqu'ici, à des variations d'une seule et même opération, est le résultat qu'il faut attendre de l'analyse.

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