‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 174 sur 409 · XVII. — LA PERCEPTION' DE LA RÉSISTA NCK · texte numérisé non relu

XVII. — LA PERCEPTION' DE LA RÉSISTA NCK

347. — Par des décompositions successives de notre connaissance en éléments de plus en plus simples, nous devons arriver enfin au plus simple de tous, au substratum. Quel est ce subslratum? C'est l'impression de résistance. C'est là l'élément de conscience primordial, universel, toujours présent.

348. — La Matière, l'Espace, leMouvement et la Force — toutes nos idées fondamentales, naissent par généralisation et par abstraction de nos expériences de résistance. L'action par le contact direct étant l'action primaire, l'action incessante, l'action d'importance majeure, aussi bien que l'action la plus simple et la plus définie, devient le genre d'action que tous les autres genres d'actions représentent. Et la sensation de résistance par laquelle cette action fondamentale se fait connaître, devient la langue maternelle de la pensée, celle dans laquelle sont enregistrées

toutes les premières connaissances, et dans laquelle peuvent s'interpréter tous les symboles qu'on apprend ensuite.

:iï9. — Cette dernière thèse sera confirmée en observant que toutes les sensations par lesquelles le monde extérieur nous est connu, ne peuvent s'expliquer pour nous que comme résultats de certaines formes de la force aussi conçues. Bien que la proposition que la force objective diffère, en nature, de celle que nous connaissons subjectivement, soit intelligible en paroles, et bien que la supposition que les deux forces sont semblables nous mène à des absurdités impossibles à admettre, pourtant il nous est impossible de concevoir la force diinslc ?io)i-er/o comme différente de la force dans Yego.

350. — La perception de la résistance est donc fondamentale comme étant la perception qui sert à traduire toutes les autres, tandis qu'elle-même ne peut être traduite par aucune. La connaissance de la résistance s'acquiert par les sensations de pression et de tension musculaires. Et bien que toutes deux se produisent de bonne heure, on peut aisément prouver que dans l'ordre que suit la construction de la pensée, la sensation de tension musculaire est primaire, et celle de pression secondaire. D'où il suit que la conscience de la tension musculaire forme la paatière primitive de la première pensée. C'est l'élément primitif de notre intelligence.

351. — Il nous reste à indiquer que la perception de résistance, c'est-à-dire de tension musculaire, consiste à établir un rapport entre la tension musculaire elle-même et cet état de conscience que nous appelons volonté, rapport tel que l'excédent non contrebalancé de sentiment, de quelque genre que ce soit, qui pour le moment constitue la volonté, est l'antécédent de la sensation musculaire, et coexiste avec elle pendant qu'elle dure. A quoi il faut seulement ajouter que dans l'acte delà perception ce rapport est classé avec les rapports semblables déjà connus ; et que c'esl dans ce classement que consiste la connaissance de la combinaison musculaire spéciale, de l'adaptation et du i\e<j;vr de force exercé.

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