Quand nous considérons la société connue un orga
nisme et que nous observons la direction de sa croissance, nous trouvons que c'est celle où la moyenne des forces opposantes est la moindre. Pour réduire la chose a sa plus simple expression, nous pouvons dire que les unités sociales oui à consacrer leurs efforts combinés ou isolés à se préserver, elles et leurs descendants, des forces inorganiques et organiques qui tendent continuellement à les détruire (soit indirectement par oxydation ou par une soustraction anormale de chaleur, soit directement par une mutilation corporelle) : que ces forces peuvent être, soit neutralisées par d'autres disponibles sous forme d'aliments, de vêtements, d'habitations, d'instruments de défense, soit éludées autant que possible ; enfin que la population s'étend dans toutes les directions où elle trouve les moyens de les éviter le plus facilement, ou de dépenser le moins de travail pour acquérir les matériaux qui lui servent d'instruments de résistance, ou bien ces deux avantages à la fois. L'application de la loi est tout aussi évidente dans les changements fonctionnels qui s'opèrent journellement. L'écoulement du capital vers les affaires qui donnent le plus d'intérêts, l'achat au meilleur marché, et la vente au prix le plus élevé, et toutes ces variations dans les courants du commerce qui sont notées quotidiennement dans nos journaux, sont autant de mouvements qui se font dans les directions où ils rencontrent le moins de forces opposantes.
81. — La vérité générale énoncée dans cette section est une déduction logique de la persistance de la force. Lorsque nous cherchons à justifier l'assertion que de deux forces en conflit c'est la plus grande qui déterminera le mouvement dans sa propre direction, nous ne pouvons trouver qu'une raison : c'est l'intuition que la partie de la plus grande force qui n'est pas neutralisée par la moindre doit produire son effet, c'est-à-dire l'intuition que cette force, résidu de la neutralisation du reste, ne peut disparaître, mais doit se manifester par quelque changement équivalent ; c'est-à-dire enfin l'intuition de la persistance de la force. Il est impossible que nous puissions jamais obtenir la preuve d'un mouvement dans une direction autre que celle de la plus grande force puisque notre seule mesure de grandeur relative des forces est leur faculté relative de créer ,1e mouvement.
LE CONNÀISSABLE M