XXIV. — LES RAPPORTS DE RESSEMBLANCE ET DE DIFFÉRENCE
371. — Notre longue analyse nous fait arriver aux rapports qui servent de base, non seulement à tous les rapports précédents, mais à tout développement quelconque de l'esprit. Depuis les inférences les plus complexes et les plus abstraites jusqu'aux intuitions les plus rudimentaires, toute intelligence procède par rétablissement de rapports de ressemblance et de différence.
372. — Nous entendons par différence et ressemblance, respectivement, le changement, ou le non-changement dans la conscience. Les deux termes d'un rapport de ressemblance sont deux états de conscience, formant l'antécédent et le conséquent de ce qui, dans un sens, est xm non-changement, puisqu'il laisse la conscience dans le môme état qu'auparavant.
373. — A parler strictement, un rapport de ressemblance consiste en deux rapports de différence qui se neutralisent réciproquement. C'est un changement d'un état relativement stable A à un autre état x (qui représente la sensation que nous éprouvons en passant d'une chose à une autre semblable) et un changement de cet état de transition x à un second état relativement durable A : second état A qui ne se pourrait distinguer du premier état s'il n'en était séparé par l'état x. Ainsi le rapport de dissemblance est le rapport primordial, le rapport impliqué dans
tous les autres, el il ne peut, Lui-môme, être décrit que comme étant un changement dans la conscience.