‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 188 sur 409 · III. — LES TERMES DES MÉTAPHYSICIENS · texte numérisé non relu

III. — LES TERMES DES MÉTAPHYSICIENS

392. — La signification acquise par chaque mot, pendant son développement, a été déterminée, en partie par sa généalogie, et en partie par son milieu. Chaque mot possède, à la fois, une connotation intrinsèque, et une connotation extrinsèque. Chaque mot n'implique pas seulement, à divers degrés de clarté, la signification des mois dont il est issu, mais il implique aussi

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la signification des mots avec lesquels il coexiste, mots qui limitent, étendent, et individualisent sa signification. Ceci compris, nous sommes préparés à examiner le langage employé par les métaphysiciens, et à montrer tout ce qu'il implique directement ou indirectement.

393. — Au commencement de ses Principlés of Human Knowledge, Berkeley discute l'emploi des mots abstraits, observant avec beaucoup de vérité que dans aucun cas un mot abstrait ne peut être traduit dans la pensée sans que Ton pense à une ou à plusieurs de significations concrètes qu'il comprend. Au début du chapitre suivant se trouvent ces mots: Par la vue, f ai les idées de lumière et de couleur. Un examen attentif de chaque mot raconte la môme histoire. Chaque mot, soit par sa constitution héréditaire, et par ces spécialisations qui lui permettent de coopérer avec d'autres mots, révèle qu'il est organisé en harmonie avec le rapport fondamental du sujet et de l'objet. El la même histoire est répétée par chaque partie de la phrase. Par la vue j'ai, si nous réduisons ces mots de l'abstrait au concret ainsi que le veut Berkeley, veut inévitablement dire je, par l'intermédiaire de mon œil, reçois quelque chose ; et il est impossible de penser à recevoir quelque chose par un agent sans avoir conscience d'une troisième chose de qui mon agent reçoit ce quelque chose. L'autre partie, idée de rouge (pour ramener le mot abstrait couleur a un mot concret) implique tout aussi certainement la même conscience — implique les deux existences séparées de idée et rouge tout autant que « fils de Jean » implique les deux existences séparées de Jean et de son fils. Quand nous réunissons les deux membres de phrase, le sens indéfini du premier, qui est que par l'intermédiaire d'un agent je reçois quelque chose, se précise, et j'apprends que par un agent je reçois de quelque chose de rouge une idée que j'appelle une idée de rouge. Toute la phrase, ses divisions et ses parties dernières séparées ou réunies, ont cette signification; et nul, métaphysicien ou autre, ne peut supprimer les associations établies entre les mots de manière à exclure ce sens de son esprit. 11 est impossible de dire avec Berkeley que les seules existences sont dans l'esprit, que l'être de chaque chose c'est l'être perçu,

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