XI. RÉCAPITULATION, CRITIQUE ET RECOMMENCEMENT
89. — Les propositions énoncées et dont il a été donné des exemples dans les chapitres précédents ont dépassé les limites de classe de la Science. Ce sont des principes qui unifient des phénomènes concrets appartenant à toutes les divisions de la Nature, et qui, par suite, constituent cette conception complète, cohérente, des choses, qui est l'objet de la Philosophie.
90. — Quel rôle jouent ces principes dans la formation de cette conception ? Peuvent-ils, séparément, ou réunis, donner une idée du Cosmos, c'est-à-dire de la totalité des manifestations de l'Inconnaissable ? — Non. Car étant tous analytiques, ils ne peuvent faire la synthèse de pensée qui seule peut être une interprétation de la synthèse des choses.
91. — L'interprétation ultime, but de la philosophie, c'est une synthèse universelle qui embrasse et consolide les synthèses spéciales des sciences. La question qui demande une réponse est celle-ci : Quel est L'élément commun dans L'histoire de toutes les opérations concrètes?
H. Collins. :j
92. — La loi que nous cherchons doit être celle de la redistribution continue de la matière et du mouvement . Chaque objet, non moins que L'agrégat de tous les objets, subit à chaque instant quelque changement d'état. La question que se pose est : Quel principe dynamique, vrai de la métamorphose dans son tout, et aussi dans tous ses détails, exprime ces relations toujours changeantes ? La discussion dans laquelle nous allons entrer va nous présenter ce problème sous une nouvelle face, et nous comprendrons clairement qu'une philosophie digne de ce nom ne peut se constituer qu'en le résolvant.