‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 203 sur 409 · XVII. — DIFFÉRENCIATION COMPLÈTE DU SUJET ET DE L'OBJET · texte numérisé non relu

XVII. — DIFFÉRENCIATION COMPLÈTE DU SUJET ET DE L'OBJET

4(50. — Si je poursuis, restant assis à ma place, l'analyse qui m'a révélé la grande opposition que je viens d'indiquer, je vois que certains états ne sont inclus dans aucun des deux agrégats. L'odeur d'algue, en me rappelant des souvenirs de lieux et de personnes, m'apportait aussi une phase de ce que j'appelle émotion. Bien qu'il y ait des émotions vives et des émotions faibles — les émotions actuelles et les idées de ces émotions, — toutes appartiennent à l'agrégat faible.

461. — Ces membres particuliers de l'agrégat faible ont un caractère général d'une grande importance : ils tendent à produire des changements dans une certaine combinaison appartenant à l'état vif. Les émotions sont les initiatrices de ce que nous connaissons comme mouvements corporels. D'une manière ou d'une autre, une partie de l'agrégat vif se trouve attachée à l'agrégat faible, et cette partie diffère de tout le reste en étant toujours présente, en ayant des cohésions spéciales entre ses éléments, en ayant des limites connues, des combinaisons relativement restreintes, et bien connues, soumises à des lois familières, et surtout en ayant dans l'agrégat faible les antécédents de ses changements les plus remarquables.

462. — Ainsi je puis diviser la totalité de ma conscience en un agrégat faible, mon esprit; une partie spéciale de l'agrégat vif qui lui adhère en diverses manières, mon corps; et le reste de l'agrégat vif qui n'a aucune cohérence semblable avec l'agrégat faible. Par suite de sa position intermédiaire, je regarde ce corps comme appartenant tantôt à l'agrégat vif, et tantôt au môme tout que l'agrégat faible avec lequel il a une parenté si intime.

463. — L'expérience me montre que des effets semblables peuvent être produits par des antécédents existant, respectivement, dans ces deux grands agrégats antithétiques, et, par conséquent, elle suggère qu'il doit y avoir quelque chose de commun entre ces antécédents. Ou, pour exprimer le fait comme un simple fait de cohésion, je trouve que, quand ces sensations de toucher, de pression et de douleur sont produites par moi, elles sont en cohésion avec ces états qui, dans ma conscience,

étaient leurs antécédents, et que, lorsqu'elles ne sont pas spontanément produites, elles sont en cohésion dans ma conscience avec, les formes faibles de ces antécédents, c'est-à-dire des pensées naissantes d'une énergie analogue à celle que j'avais eniplm ée moi-même.

464. — Il suit de Là qu'il me devient impossible d'exclure la conscience d'une force dans l'agrégat vif alliée de quelque manière à ce que je distingue comme une force dans l'agrégat faible ; je ne puis briser le lien que l'association a produit entre ces états de conscience.

465. — Le résultat général est que l'agrégat vif, soit en manifestant une résistance passive, soit en manifestant une énergie active, est inévitablement associé dans la conscience avec l'idée d'une puissance, séparée, mais en quelque sorte parente, de la puissance que développe constamment en lui-même l'agrégat faible.

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