‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 204 sur 409 · XVIII. — CONCEPTION DÉVELOPPÉE DE L'OBJET · texte numérisé non relu

XVIII. — CONCEPTION DÉVELOPPÉE DE L'OBJET

46G. — Nous avons vu que l'impression de résistance est « l'élément de conscience primordial, universel et toujours présent ». (Psychologie, 347). Par suite, avec la ségrégation de nos étals de conscience en vifs et en faibles, la conscience de quelque chose qui résiste devient le symbole général de cette existence indépendante impliquée par l'agrégat vif.

467.— Un autre élément d'importance égale entre dans la conception. Ce qui, dans notre pensée, constitue un corps, estce qui relie d'une manière permanente ces états vifs infiniment variés que nous donne le corps, quand nous changeons nos rapports avec lui. et qu'il change les siens avec nous : le nrxus invariable, du groupe toujours variable d'états vifs. Le mot existence comme s'appliquant au nexus inconnu, implique celte permanence au milieu de ce qui n'a aucune permanence. Il n'exprime rien au delà de ce fait primordial dans mon expérience.

468. — Voyez donc comme une conclusion s'est complètement développée, qui est eu harmonie avec nos premières croyances! Les diverses séries d'expériences se sont unies pour former la conception de quelque chose, au delà de la conscience

qui est absolument indépendant de la conscience, qui possède un pouvoir sinon identique, pourtant équivalent à celui de la conscience, et qui reste fixe au milieu d'apparences qui changent. Et cette conception qui unit l'indépendance, la permanence et la force, est la conception que nous avons de la Matière.

4fi9. — De la même façon que l'Objet est le nexus inconnu permanent, qui n'est jamais lui-môme un phénomène, mais est ce qui tient les phénomènes ensemble; de même le Sujet est le nexus inconnu permanent, qui n'est jamais, lui-même, un étatde conscience, mais est ce qui tient les états de conscience unis ensemble. En se bornant à s'analyser lui-même, le Sujet ne peut jamais rien apprendre de plus sur ce nexus que ceci : à savoir qu'il forme une partie du nexus de cet agrégat vif particulier qu'il distingue comme son corps. Si cependant il examine d'autres corps que le sien, les faits de la structure nerveuse et de la fonction le mettent à même de voir comment, pour chaque groupe changeant d'idées, il existe un nexus qui, permanent, dans un sens, correspond au nexus permanent à qui est due la cohésion du groupe changeant d'apparences qui se rapportent au corps extérieur.

470. — Nous avons trouvé dans les deux dernières divisions et dans la présente ce que nous nous étions proposé de cherche]-. Les processus normaux delà pensée font naître inévitablement cette conscience, inexprimable mais indestructible, d'une existence hors des limites de la conscience, qui est perpétuellement symbolisée par quelque chose dans ses limites.

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