‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 215 sur 409 · IV. ■ — LE LANGAGE DES ÉMOTIONS · texte numérisé non relu

IV. ■ — LE LANGAGE DES ÉMOTIONS

494. — Avant d'esquisser le développement émotionnel nui accompagne l'évolution sociale, il nous faut examiner les effets M1"' tës ''1res humains produisent, sans le savoir, réciproquement sur les sentiments les uns des autres, par les manifestations physiques qui accompagnenl les sentiments.

495. — En étudiant le langage émotionnel nous avons à reconnaître deux classes d'effets : ceux de la décharge nerveuse diffuse et ceux de la décharge restreinte. Et cette dernière doit encore être différenciée en indirecte et en directe, celle qui a lieu sans motif, et celle qui se montre dans les actions musculaires motivées.

496. — Chaque État de Conscience a pour concomitant primaire une décharge nerveuse diffuse qui excite les muscles en général, y compris ceux qui font mouvoir les organes vocaux, dans un degré proportionné à la force de l'État de Conscience. Par conséquent l'activité musculaire, croissant en quantité, devient le langage naturel de l'État de Conscience quantitativement accru, quelle que soit la nature de l'État de Conscience.

497. — La décharge diffuse qui accompagne un État de Conscience quelconque nous donne une indication supplémentaire de sa quantité, en affectant les muscles en raison inverse de leur grandeur, et du poids des parties auxquelles ils sont attachés. Si l'on suppose une onde faible d'excitation nerveuse qui se propage uniformément à travers tout le système nerveux, la partie de cette onde déchargée dans les muscles montrera le plus ses effets là où la somme d'inertie à surmonter sera moindre. Les muscles qui sont gros, et ne peuvent manifester les états d'excitation où ils sont amenés qu'en faisant mouvoir les membres, ou d'autres masses pesantes, ne fourniront point de signes, tandis que les petits muscles attachés à des parties faciles à mouvoir, tels que ceux de la face, répondront visiblement.

498. — En passant aux décharges restreintes, pouvons-nous expliquer l'expression des passions chez les êtres humains? Bien que, chez l'homme, il y ait beaucoup de sources d'États de Conscience désagréables autres que l'antagonisme, et que l'antagonisme lui-même ne se termine par un combat que lorsqu'il est poussé à l'extrême, cependant, comme chez les types inférieurs dont nous descendons, l'antagonisme est le concomitant le plus commun et le plus notable de l'État de Conscience pénible, et qu'il continue à l'accompagner très généralement dans la race humaine, une relation organique s'est établie entre l'État de Conscience pénible et les actions musculaires que l'antagonisme cause habituellement. De là ces concomitants extérieurs d'États

de Conscience désagréables qui constituent ce que nous appelons leur expression, résultenl de contractions musculaires naissantes du genre de celles qui accompagnent lecombal réel.

499. — Los expressions vocales de la passion destructive s'expliquent de même. Un (lot montant d'État de Conscience, causant une augmentation d'effort musculaire, peut adapter L'appareil vocal a des tons qui haussenl ou baissent d'une façon croissante, impliquant un effort musculaire d'autant plus grand que l'éloignement des tons moyens est plus grand. 11 suit de là que les deux extrémités de la gamme peuvent se faire entendre, et ipie souvent le changement de l'une à l'autre est soudain.

500. — Les manifestations émotionnelles sont souvent compliquées par les restrictions intentionnellement apportées aux actions des organes externes dans le dessein de cacher ou de déguiser les États de Conscience. Les États de Conscience secondaires qui provoquenl celte dissimulation ont un langage naturel qui leur est propre, et qui, dans bien des cas. est facile à lire.

501. — Une nouvelle série de complications, dont l'origine ditlère grandement, tombe sous une loi différente, et presque opposée ; ce sont les effets secondaires produits par les États de Conscience sur le système vasculaire, sur l'afflux du sang aux centres nerveux qui en est la conséquence, et sur le genre d'énergie nerveuse qui en résulte. Dans beaucoup de cas, ils contrarient les effets primaires décrits ci-dessus, et il n'est pas rare qu'ils les renversent. Un Liai de Conscience d'une grande intensité peut irriter le nerf vague a tel point qu'il arrête l'action du cœur, e1 cause une syncope; ou il peut produire un manque de forces général,, comme dans la prostration due à. une grande douleur; ou il peut influencer le système vasculaire de façon a se trahir par des changements de couleur,parla rougeur el la pâleur. 502. — Il n'y a donc aucun fondement à la notion courante que des arrangements spéciaux ontété prémédités pour l'expression des États de Conscience. L'hypothèse de l'Évolution, ici comme ailleurs, nous fournit une solution adéquate des faits. Au tond des appareils aervo-musculaires, tels qu'ils ont rie développés par le commerce de L'organisme avec son milieu, doivent se trouver les causes de toutes ces 1 1 1 . 1 1 1 i festations. Qu'en est-il résulté

pendant les relations des individus les uns avec les autres ?

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