‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 217 sur 409 · VI. — SENTIMENTS ÉGOÏSTES · texte numérisé non relu

VI. — SENTIMENTS ÉGOÏSTES

513. — Le mot sentiment doit être pris comme embrassant ces ordres d'émotions les plus élevés qui sont entièrement re-représentatifs. Ce ne sont ni des états présentatifs, ni dos représentations d'états pareils; ils consistent en des représentations nombreuses de telles représentations confusément agglomérées les unes avec les autres, et unies à des émotions de même nature, encore plus vagues, qui ont été associées dans l'organisme par l'expérience des générations antérieures.

514. — L'évolution d'une émotion re-représentative particulière, ou sentiment que chacun manifeste en visitant le théâtre de plaisirs passés, est un exemple des sentiments engendrés dans l'individu, en contraste avec les sentiments engendrés dans la race.

515. — si nous comparons la vie de l'homme primitif avec celle d'un animal inférieur intelligent, nous voyons qu'il y a un accroissement de variété dans les objets associés avec le plaisir dans son expérience. La possession est cependant l'antécédent constant de chacune de ces satisfactions diverses. D'où il suit que, devenant habituelle par rapport à des objets de différente nature, elle a, pari passu, cessé d'être liée dans l'expérience simultanément avec une sorte particulière d'objet ou de satisfaction. L'acte de la possession est devenu un acte agréable, parce qu'il produit une excitation partielle de tous les plaisirs passés qui ne sont plus faciles à rappeler individuellement, mais dont la masse forme une émotion vague, volumineuse, émotion qui est devenue un sentiment proprement dit, puisqu'elle est devenue re-représentative. Il est presque inutile d'ajouter qu'avec le progrès de la civilisation est atteint un plus grand pouvoir de re-représentation.

54g, — jj> pouvoir de se servir, sans empêchement, de ses membres et de ses sens est associé, dans la vie de l'individu. avec toute espèce de plaisir; et il en a été de même dans la fie de tous nos ancêtres humains ou pré-humains. Le corps du sentiment, par conséquent, est une émotion Fague et volumineuse produite parles expériences organisées e1 héritées pendant tout le passé. Dans l'agitation excitée par l'arrêt des mouvements, il \ a une multitude de re-représentations de restrictions de toute espèce ; tandis que dans la joie de la liberté reconquise se massent ensemble les virtualités de plaisirs en général. Une re-représentation d'un genre plus élevé caractérise le sentiment auquel nous nous élevons, par degrés ascendants, do la liberté politique. Le sentiment primairement égoïste n'arrive à sa forme la plus élevée qu'à l'aide d'un sentiment altruiste, dont nous indiquerons plus tard l'action coopératrice.

517. — Un acte corporel ou mental par lequel nous atteignons un but quelconque, tout en nous assurant la satisfaction que nous y cherchions, ravive vaguement la conscience d'actes analogues. Ainsi la réussiste dans l'action en général devient associée dans la conscience avec un plaisir en général ; les deux États de Conscience étant re-re présentâtes. De la tendance do chaque succès à réveiller les idées des succès antérieurs, naît le sentiment de l'estime de soi, lequel, lorsqu'il s'élève à une hauteur considérable, prend le nom d'orgueil.

518. — Poursuivre cette synthèse dans d'autres directions nous prendrait trop de temps; sans quoi il y aurait quelque chose à dire des modifications et des combinaisons de ces sentiments égoïstes.

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