VII. — SENTIMENTS ÉGO-AITRUISTES
:>lt>. — Nous rappelanl que les effets de l'expérience, ainsi qu'elle est comprise dans cet ouvrage, sont les effets produits par l'apparition simultanée d'étata nerveux avec leurs états correspondants de conscience, quand ceux-ci existent, que les relations entre états soient ou non observées, nous passons maintenant aux sentiments ego-altruistes, <>u ceux qui, tout en impliquant un plaisir personnel, impliquent aussi un plaisir
chez autrui ; la représentation de ce dernier étant une source de plaisir, non en elle-même, mais en raison des avantages personnels ultérieurs que l'expérience y a associés.
520. — Les émotions données au jeune sauvage par le langage naturel de l'amour et de la haine chez les membres de sa tribu acquièrent d'abord une détermination partielle dans les relations qui l'unissent à sa famille et à ses camarades ; et il apprend, par expérience, l'utilité qu'il y a, en ce qui regarde ses propres lins, à éviter la conduite qui appellerait chez les autres des manifestations de colère, et a adopter celle qui provoquerait chez eux des manifestations de plaisir. Il ne pense pas au caractère bon ou mauvais de l'acte en lui-même ; ce qui l'en détourne est surtout la crainte, principalement vague, mais en partie définie, du mal qui peut suivre. Un ordre plus élevé de restrictions dérive de celle-ci. La croyance primitive que chaque mort devient un démon, et peut revenir sur terre pour donner aide, ou pour faire le mal, devient un aiguillon puissant de contrainte. La conscience qu'un chef puissant peut reparaître, et punir ceux qui ont désobéi à ses injonctions, devient un motif d'une grande puissance que développent encore considérablement les traditions accumulées. On continue à s'imaginer la divinité manifestant des émotions humaines d'une manière humaine. Son pouvoir d'infliger des punitions ou de distribuer le bonheur devient toujours plus grand ; de façon que la crainte du déplaisir divin, et le désir de l'approbation divine se répandent d'une manière générale, tout en restant encore anlhropomorphiques. La moralité ou l'immoralité des actions, telles que nous les concevons maintenant, ne sont pas d'abord reconnues.
521. — Une bonne partie de ce qui passe pour un sentiment religieux n'est ainsi qu'un forme re-représentative à un plus haut degré de ce sentiment égo-altruiste qui guide surtout les hommes dans leur conduite les uns envers les autres. On ne considère pas les actes dans leur nature intrinsèque, en dehors de conséquences personnelles, immédiates ou éloignées.
522. — C'est pour cette raison que les types idéaux du juste et de l'injuste ont été, et sont encore si divers dans les différentes sociétés. Les sentiments régulateurs de nature égo-altruiste sont, dans leurs relations avec l'action concrète, aussi variables
que les genres de conduite menanl au bien-être social dans les conditions sociales différentes. Néanmoins les sentiments égoaltruistes ont des éléments complexes qui sont constants. Le genre de conduite qui reçoit L'approbation de toutes les races, en Ions les temps, doit être bon en soi, sans tenir compte du peuple ou du siècle, el vice, vetsa.
:»:>:{. — On trouvera nue preuve que les sentiments égoaltruistes sont constitués ainsi qu'on vient de le dire dans le fait que la honte produite par la représentation du mépris d'à ni n ii, est la môme dans sa nature essentielle, que le mépris imaginaire soit excité par une mauvaise action réellement accomplie, ou seulement par l'accusation de l'action accomplie; un enfant innocent peut rougir toul aussi bien que le vrai coupable de la faute qu'on lui attribue.