‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 231 sur 409 · IX. IDÉES DE L'ANIMÉ ET DE L'iNANIMÉ · texte numérisé non relu

IX. IDÉES DE L'ANIMÉ ET DE L'iNANIMÉ

60. — Pour comprendre la nature de la distinction qui se fait entre le vivant et le non-vivant dans l'esprit de l'homme primitif, il nous faut jeter un coup d'œil sur le développement de celleci à travers les formes inférieures de la conscience.

61. — Parmi les types d'animaux inférieurs, la conscience originelle d'un objet animé est associée avec le mouvement. Chez tous les animaux inférieurs, le mouvement implique la vie.

62. — Dès que l'intelligence s'élève au-dessus de la phase purement automatique, le mouvement impliquant la vie commence à être distingué d'autres mouvements par sa spontanéité. Sans avoir été frappés ou poussés par un objet externe, les corps vivants passent du repos au mouvement, ou du mouvement au repos.

63. — Un critérium ultérieur que les animaux intelligents emploient pour discerner le vivant du non-vivant, c'est Yadaptation du mouvement à des fins.

64. — Cette faculté de classer séparément l'animé et l'inanimé se développe inévitablement au cours de l'évolution ; sous peine de mort par la famine ou de par l'ennemi, il a fallu cultiver constamment cette faculté, et par conséquent l'augmenter.

65. — La conscience de la différence entre l'animé et l'inanimé, devenant plus précise dans la mesure du développement de l'intelligence, doit être plus définie chez l'homme primitif que chez tous les animaux inférieurs. Supposer que, sans cause, il commence à les confondre, c'est supposer le cours de l'évolution interverti.

66. — On a cité certains faits impliquant que les enfants ne savent pas faire cette distinction. Si l'on prétend qu'en jouant un enfant cloue ses jouets de personnalité, en parle, et les caresse comme s'il étaient vivants, la réponse est que cela ne prouve point une croyance, mais une fiction délibérée. Tout en faisant semblant de croire qu'elles sont vivantes, l'enfant sait que ces choses ne le sont pas. Si sa poupée se mettait à le mordre, il ne serait pas moins étonné qu'un adulte.

67. — Comment donc est-il possible d'expliquer L'extrême diffusion de croyances qui personnifienl des objets inanimés? Nous en trouverons L'explication dans certains phénomènes <|ui accompagnent les étals, qui reviennent sans cesse, où des êtres rivants simulent des choses non-vivantes.

Page 1