‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 236 sur 409 · XVIII. — INSPIRATION, DIVINATION, EXORCISME, SORCELLERIE · texte numérisé non relu

XVIII. — INSPIRATION, DIVINATION, EXORCISME, SORCELLERIE

128. — Le sauvage pense que si le corps d'un homme peut être envahi par un démon, il se peut aussi qu'une âme amie s'en empare.

129. — D'où il suit que tout acte d'énergie physique dépassant l'ordinaire est attribué au fait de la possession par un être surnaturel, ou a ce qu'un être surnaturel déguisé est présent.

130. — On explique de même une puissance mentale extraordinaire. Si un esprit incarné, ayant ou le caractère primitif d'un esprit des ancêtres, ou quelque caractère modifié et développé, peut communiquer une force surhumaine au corps, il peut aussi donner une intelligence et une passion surliuniaines. Théorie qui subsiste encore chez les Laïques et les théologiens.

131. — Le devin est simplement un homme inspiré qui se sert de son pouvoir surnaturel pour des lins particulières. Le jeûne, ei d'autres manières de vivre, produisant une excitation anormale, sont partout une préparation à L'office de devin. Partout aussi cette excitation est attribuée a L'esprit qui possède, démon ou divinité, et les mots prononcés sont considérés comme émananl de lui.

132. — Inévitablement, ces idées ont uo développement ultérieur. Si quelques hommes, à leur détriment, sont possédés

par des esprits malins, tandis que d'autres sont, à leur avantage, possédés par des esprits bienfaisants, n'est-il pas possible, avec le secours des bons esprits, de défaire le mal qu'ont fait les malins, peut-être même de vaincre et d'expulser ces derniers ? L'exorcisme naît de la croyance en cette possibilité. Puisque autrefois les mots de fantômes, esprit, démon, diable, ange, avaient la même signification, nous pouvons en inférer que ce qui a fini par être l'exorcisme d'un démon a été à l'origine l'expulsion du double malfaisant d'un mort.

133. — Un sorcier qui, aidé par des esprits amis, cbasse les esprits malfaisants, se demande naturellement s'il ne peut pas, avec leur aide, se venger de ses ennemis, ou parvenir à des fins impossibles par un autre moyen. La croyance en l'exorcisme naît de là. Les agissements du sorcier sont dirigés par la notion — citée dans la Sociologir, % 52 — que l'on suppose le pouvoir ou l'attribut spécial d'un objet présent dans toutes les parties de cet objet, et que même il s'étend à tout ce qui lui est associé. Par conséquent, le sorcier commence par obtenir quelque partie du corps de sa victime ou d'un objet qui lui est associé de près, ou bien il en fait une représentation, une image ; et il fait à cette partie ou à cette image une cbose qu'il suppose être ainsi faite à sa victime. Si nous laissons de côté cette forme la plus simple de la magie pour celle où sont employés des agents surnaturels, nous voyons que la théorie primitive des esprits, impliquant peu de différence entre le mort et le vivant, favorise la notion que l'on peut influencer les morts par les mêmes procédés qui influencent les vivants; de là résulte cette espèce de magie qui, dans sa forme la plus ancienne, consiste à appeler les morts pour leur demander des renseignements, — comme la sorcière d'Endor fait venir l'esprit de Samuel, — et dans sa forme la plus récente, à faire appel aux démons pour leur demander leur secours pour le mal.

134. — L'exorcisme et la sorcellerie se fondent insensiblement dans le miracle. Si les résultats merveilleux sont attribués à un être surnaturel hostile à ceux qui observent les effets, c'est de la sorcellerie ; mais si on les attribue à un être surnaturel ami, on les classe parmi les miracles.

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