‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 249 sur 409 · IV. — STRUCTURES SOCIALES · texte numérisé non relu

IV. — STRUCTURES SOCIALES

228. — Chez les sociétés, de môme que chez les corps vivants, l'accroissement de masse s'accompagne habituellement d'accroissement de structure. A mesure que nous passons de petits groupes à des groupes plus grands, cle groupes simples à des groupes composés, et de groupes composés à des groupes doublement composés, la dissemblance des parties augmente. L'a-

i grégat social, homogène tant qu'il est petit, gagne habituellement

) en hétérogénéité à chaque addition de croissance. Pour atteindre

I un grand volume, une grande hétérogénéité est nécessaire.

/ 229. — Outre la dissemblance de parties qui résulte du déve-

/ loppement des influences de coordination, il se forme bientôt

des dissemblances entre les éléments coordonnés : les organes

de l'alimentation, etc., dans un des cas, et les organes industriels

dans l'autre.

230. — Ces différenciations, dans les deux cas, procèdent des \ plus générales aux plus spéciales. D'abord, des différences de

parties profondes et simples ; ensuite dans chacune de ces parties différant primairement, des changements qui les subdivisent en parties dissemblables ; ensuite dans ces subdivisions dissemblables, des dissemblances moindres ; et ainsi de suite. La trans-» formation de l'homogène en hétérogène est le caractère univer-l sel de l'évolution des organismes individuels et sociaux, surtout dans les degrés supérieurs.

231. — Les organes des animaux et ceux des sociétés ont des arrangements internes disposés d'après le môme principe. Chaque viscère contient des appareils apportant la nourriture, en emportant les produits, et réglant son activité. Les citoyens se groupent pour former un organe remplissant quelque fonction d'utilité

nationale, el cet organe possède à cet usage des structures qui ressemblent en substance à celles de tout autre organe remplissant tonte autre fonction.

2:\û. Il Tant mentionner encore une analogie de structure. Chez les animaux de type inférieur, il n'y a, à proprement parler, pas d'organes, mais seulement un certain nombre d'unités qui ne sont pas encore agrégées en organe. Il y a une phase analogue dans la forme initiale d'un appareil industriel dans une société où chaque ouvrier fait son œuvre seul, et seul dispose de ses produits en traitant avec le consommateur. Passant au second type d'organe individuel — le groupe compact de cellules — nous trouvons un type social qui y correspond exactement, dans les familles alliées qui autrefois monopolisaient chaque industrie, et formaient un groupe occupant d'ordinaire la même localité. Troisièmement, cet accroissement d'un organe glandulaire que nécessitent les fonctions plus actives d'un animal plus développé, où un changement de structure est la conséquence d'un accroissement de volume, trouve son parallèle dans la transition graduelle de l'industrie domestique à l'industrie de manufacture.

233. — Enfin, dans les deux cas, il existe un contraste entre le mode originel de développement et un mode qui s'y est substitué plus récemment. Les phases de l'évolution sont fort abrégées, et un organe se trouve produit par une méthode relativement directe. En outre, il arrive que des organes entiers, qui durant la genèse primitive du type, apparaissaient relativement tard, se montrent relativement tôt, dans l'évolution de l'individu, et dans celle de la société.

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