CHAPITRE XX
Tri Haut de la conservation de l'espèce humaine I. — CONSERVATION DE L'ESPÈCE
2~r2. — ■ Pour comprendre clairement la conservation de l'espèce humaine, il nous faut d'abord jeter un coup d'œil sur la conservation des êtres vivants en général.
273. — Il est incontestable que, pour chaque espèce, il faut que les individus qui meurent soient remplacés par de nouveaux individus, sans quoi l'espèce, dans son ensemble, périrait. 11 n'est pas moins évident que si, dans une espèce, le chiffre de la mortalité est élevé, celui de la reproduction doit l'être aussi, et réciproquement. Cette proportion de la reproduction avec la mortalité est nécessaire pour l'humanité connut' pour toute autre espèce.
27i. — La condition requise de la production d'un certain nombre d'adultes par générations successives peut s'exécuter de manières diversement modifiées, qui subordonnent les membres existants ou futurs de L'espèce a des degrés divers. Il nous faut
ici considérer certains aspects spéciaux de L'antagonisn otre
l'Individualion et la Genèse. Biologie, 319-351.)
II. — Li:s INTÉRÊTS DIVERS DE L'ESPÈCE, DES PARENTS ET DK LA PROGÉNIT1 RE
■2i:\. — Nous constatons Le fait que l'évolution réduil au minimum le sacrifice de la vie de l'individu à celle de l'espèce, en remontant du Protozoaire microscopique dont la courte existence
adulte disparaît absolument dans les \ies de ses rejetons, jus-
qu'aux Mammifères où se trouve la plus complète conciliation des intérêts de l'espèce, des adultes et des petits. Progrès dont on suit les traces même en remontant des types mammifères inférieurs aux types supérieurs.
276. — Les frais matériels de la reproduction supposent une soustraction équivalente au développement et à l'activité de l'individu, soustraction à laquelle il n'y a pas de compensation chez les types inférieurs ; mais en remontant l'échelle animale, nous apercevons une compensation qui va grandissant : le plaisir des parents.
277. — Le mode supérieur de constitution de la famille est donc atteint quand il y a, entre les besoins de la société et ceux de ses membres, vieux ou jeunes, une conciliation telle que la mortalité entre la naissance et l'âge de reproduction soit réduite au minimum, tandis que la subordination des vies des adultes à l'éducation des enfants devient la plus faible possible. Cette subordination peut être diminuée de trois façons : d'abord, par la prolongation de la période précédant la reproduction ; secondement, par un nombre de naissances plus limité, et par l'augmentation des plaisirs que procure leur éducation ; et troisièmement, par l'allongement de la vie après la cessation de la période reproductrice. Tenons présent à l'esprit que les relations domestiques les plus élevées, au point de vue éthique, sont aussi les plus élevées au point de vue biologique et sociologique.