III. — RAPPORTS PRIMITIFS ENTRE LES SEXES
278. — On reconnaîtra la convenance d'avoir pris comme point de départ des considérations purement physiques, en constatant que chez les sauvages les moins avancés les relations entre les sexes ne diffèrent guère de celles qui existent parmi les animaux. Il n'y a d'autres guides que les passions du moment, ni d'autre frein que la crainte des conséquences.
279. — Beaucoup de faits prouvent que les rapports entre les sexes, à l'origine, n'étaient pas réglés par les institutions et les idées que nous regardons, d'ordinaire, comme naturelles. La plus ancienne cérémonie du mariage a été seulement un début de vie en commun , impliquant un temps précédent
où la vie en commun commençait sans cérémonie préalable.
280. — L'absence des idées et des sentiments qui, chez dous, accompagnent le mariage, se voit encore par L'existence, dans les sociétés sauvages, de pratiques qui nous répugnent au plus haut degré. Nombre de sauvages ou de demi-civilisés poussenl l'hospitalité jusqu'à offrir aux hôtes qui les visitent des épouses temporaires. Les sauvages disposent ainsi de leurs femmes et de leurs iilles. Par un sentiment de même nature, ils n'attachent que peu ou point de valeur à la chasteté des jeunes fdles.
2S1. — Nous voyons encore plus à quel point les rapports réguliers des sexes sont des résultats de l'évolution, et que les sentiments qui les régissent se sont graduellement développés, quand nous voyons le peu de cas que les sauvages ou demicivilisés font des restrictions imposées aux civilisés par les liens du sang. Certaines relations que nous condamnons comme criminelles au plus haut point ne sont pas rares chez eux, et l'inceste est commun chez nombre de peuples.
28-2. — Tandis que les faits montrent que les formes les plus grossières de l'existence sociale et les rapports les plus dégradés des sexes sont généralement associés ensemble, nous ne pouvons pas, cependant, inférer que le progrès de l'évolution sociale, et le progrès dans les formes des rapports sexuels soient constamment et uniformément connexes.
-IH'.i. — Néanmoins, la comparaison des extrêmes montre incontestablement que la marche progressive vers des types sociaux supérieurs concorde avec la marche progressive vers des types plus élevés d'institutions domestiques.