III. — LES MUTILATIONS
357. — Il y a des preuves nombreuses et variées montrant que la mutilation des vivants a été une séquence de l'acte de prendre les trophées des morts. Le trophée implique une victoire poussée jusqu'à la mort de l'ennemi, et la coutume dérivée de couper une partie d'un prisonnier implique son esclavage. Dans la suite des temps, la suppression volontaire de quelque partie exprime la soumission, et devient ainsi une cérémonie propitiatoire. Examinons les divers genres de mutilations, et le rôle qu'ils jouent dans les trois formes de gouvernement : politique, religieux et social.
358. — Un ennemi vaincu peut avoir une de ses mains coupée comme trophée ; mais sa valeur comme esclave en est si grandement diminuée que l'on préfère naturellement, quelque autre trophée. Aussi, en beaucoup de lieux, coupe-t-on des doigts et des orteils pour être offerts en propitiation à des chefs vivants, les ennemis ainsi mutilés étant acceptés comme esclaves. La coutume de se rendre les morts propices en leur offrant des doigts, ou des fragments de doigts, se retrouve en beaucoup d'endroits. Ce sacrifice à l'esprit du parent ou du chef mort devient, dans d'autres cas, un sacrifice à l'esprit devenu plus redouté, ou passé dieu.