‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 277 sur 409 · VII. — FORMES ni: DISCOl RS · texte numérisé non relu

VII. — FORMES ni: DISCOl RS

392. — Ce qu'une salutation implique par des actes, une forme de discours L'exprime par des paroles. Cria doit être si tous deux partent de la même racine, el Ton peut démontrer qu'il en est ainsi. En quelques cas l'un est reconnu comme équivalent de l'autre.

393. — Les manières de s'adressera un supérieurréel ou ûctif par lesquelles on affirme indirectement son assujettissement à lui, corps et biens, sont d'une importance secondaire par rapporl aux déclarations directes d'esclavage e1 de servage, qui, commençant aux époques de barbarie, subsistent encore de nos jours.

394. — Les récits hébraïques nous ont familiarisés avec le mot « serviteur » impliquant « esclave » qu'un inférieur ou sujet s'appliquait à lui-même en parlant à un supérieur ou un chef. De nos jours, ces professions de servitude n'ont plus de représentants que dans le langage écrit, comme « votre obéissant serviteur » ou « votre liuinble serviteur » que l'on réserve pour les occasions où il faut maintenir la dislance; et c'est pour cela que ces formules ont souvent des sens retournés. Inutile de rappeler la vérité générale que ces paroles propitiatoires sont employées dans le Langage religieux.

395. — De ces formules abaissant celui qui parle, passons à celles qui exaltenl autrui. Chacuneprise à pari est une confession d'une infériorité relative, el cette confession gagne en énergie lorsque les deux genres de formules sont réunies, ainsi qu'ils le sont d'ordinaire. Il ae semble pas, d'abord, que les éloges, comme d'autres actes propitiatoires, puissent être rattachés à la conduite du vaincu envers le vainqueur; pourtant il est proiM é que telle esl leur origine.

396. -—Nous avons vu que dans la salutation complète il en irait deux éléments, la soumission et l'affection ; el deux éléments analogues composent aussi la forme complète du compliment parlé. Aux mois employés pour gagner la faveur de La personne a qui l'on s'adresse, en s'abaissanl soi-même, el en l'élevant, se joignent des mois suggéranl L'attachemenl : des souhaits pour sa rie, sa santé, son bonheur, Les derniers, en réalité, sont

d'une origine plus récente que les déclarations de soumission.

397. — Il nous reste à noter ces modifications de langage, grammaticales et autres, qui semblent, par implication, exalter la personne à qui l'on parle, et rabaisser celle qui parle. A côté de l'idée que c'est une liberté inexcusable de regarder la personne du souverain, les formes du langage employées clans le compliment ont adopté le caractère d'éviter des rapports directs avec l'individu auquel on s'adresse. Chez les peuples grossiers les noms propres sont évités, comme ayant une sorte de caractère sacré. Ce n'est pas tout ; il y a une suppression de pronoms personnels qui, croit-on, établiraient un rapport trop immédiat pour que la distance voulue fût conservée.

398. — Les compliments parlés, en raison de leur parenté avec les salutations, ont naturellement la même relation générale avec les types sociaux. Si nous comparons l'Europe des temps passés, caractérisée par des appareils sociaux organisés pour un combat perpétuel qui les développait constamment, avec l'Europe moderne dans laquelle, bien qu'il se produise encore des guerres sur une grande échelle, celles-ci sont une forme plutôt temporaire que permanente d'activité sociale, on peut observer que les expressions complimentaires, maintenant moins employées, sont en même temps moins exagérées.

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