‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 279 sur 409 · IX. — INSIGNES ET COSTUMES · texte numérisé non relu

IX. — INSIGNES ET COSTUMES

408. — La suite de nos interprétations nous ramène encore aux victoires remportées par l'homme sur ses semblables, ou sur les animaux. Les insignes viennent des trophées, avec lesquels, dans les temps primitifs, ils se confondaient.

409. — Outre quelques parties de leur corps, quidevenaient trophées, les vaincus perdaient invariablement leurs armes, et cellesci devenaient naturellement des trophées. Cela se passait ainsi chez les Grecs, et aussi du temps de Charlemagne à qui l'on apportait les épées des ennemis vaincus. Et si l'on portait à titre d'insigne des parties du corps d'ennemis vaincus, animaux ou hommes, à plus forte raison les vainqueurs portaient-ils comme insignes les armes des vaincus.

410. — Le drapeau ou enseigne est un épieu, ou une lance modifiée et développée, dont les accessoires, d'abord employés

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décorativement, devinrenl bientôl un moyen d'identification par

lequel on put suivre le chef. La bannière lui Le résultai du développemenl décoratif de la lance

•411. — Nous arrivons ici à la notion maintenani courante que les insignes héraldiques dérivenl de ces insignes primitifs des tribus ou totems. Qu'ils soient sur les panneaux d'une toiture, sur de l'argenterie, ou sur des sceaux, les blasons de famille de nos jours ont tous celle origine.

412. — Les usagesdes Dations civilisées nous dérobent la vérité que les hommes n'étaient pas primitivement portés a se vêtir pour avoir chaud, ou satisfaire à la décence. Le costume, comme l'insigne, n'a d'abord été porté que pour exciter l'admiration . Quelques faits touchant les Indiens d'Amérique qui portent comme marques d'honneur les peaux d'animaux terribles tués par eux, suggèrenl l'idée que l'insigne et le costume ont une racine commune, et que ce dernier, au moins en quelques cas, n'est qu'un développement collatéral de l'insigne. En outre, puisque par la coutume de prendre les habits du vaincu, la nudité devenait le trait caractéristique du prisonnier, et par suite de L'esclave, une certaine quantité de vêtement devenait un signe distinctifde classe. Inutile de suggérer comment peu à peu, les rangs se trouvèrent indiqués par les quantités, les qualités, les formes et les couleurs des vêtements.

113. — Les causes qui ont donné naissance aux insignes et aux costumes, et en ont favorisé et spécialisé le dé.veloppemenj;, ont produit les mêmes effets pour les ornements qui ont,à vrai dire, la même origine. Ils commencent comme véritables trophées: puis ce sont des représentations de trophées faites de matériaux précieux : enfin, cessant de ressembler aux trophées, ils deviennent des marques d'honneur données à de braves guerriers par leurs chefs militaires ; d'où dérivenl les étoiles, les croix, les médailles, etc.. etc. Le sens esthétique rudimentaire qui donne au sauvage le goûl de peindre son corps, joue sans doute un rôle dans le penchanl qui le porte à se sen ir pour ornements d'objets attrayants, de même que le désir de porter des souvenirs de parents morts. Les signes de l'esclavage, perdanl leur signification, survivenl aussi à l'état d'ornements, tels que l'anneau passé dans le nez.

414. — On ne peut dire que le désir de se rendre autrui propice ait causé l'extension des insignes, du costume et des décorations. Dans ce cas, ce sont plutôt les rangs inférieurs qui ont essayé de s'élever au niveau des rangs supérieurs en prenant leurs marques distinctives, et qui ont obtenu la permission de ce faire parce qu'ils étaientdevenus redoutables et que ceci les rendait propices.

415. — Bien qu'il n'existe pas, touchant les éléments du cérémonial, beaucoup d'analogies entre la règle du ciel et celle de la terre, il s'en trouve une que l'on peut nommer le sceptre. Le fait que ceux qui composent l'organisation régulative, créée parle régime militaire, sont distingués de ceux qui forment l'organisation subordonnée, qui est d'origine industrielle, par les signes visibles de rang, qui dominent parmi eux, et le fait que la partie militante de cette organisation régulative se caractérise plus que toutes les autres par ces costumes et insignes apparents, multiples, définis, qui distinguent ses nombreuses divisions et les rangs nombreux de chaque division, sont des faits qui prouvent incontestablement que le régime militaire a engendré toutes ces marques de supériorité et d'infériorité.

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