XI. — la'modh
423. — La mode est intrinsèquement imitalive. L'imitation peul provenir soit du respect pour celui qu'on imite, soi t du désir d'affirmer qu'on est avec lui sur le pied de l'égalité. D'où il
suit qu'il y a deux pistes pour remonter à l'origine de la mode.
424. — De ce qu'une ample cravate portée par un roi, afin de dissimuler un cou difforme, fut adoptée par les courtisans d'abord, et par tout le public au-dessous d'eux, nous voyons comment, du désir de se rendre propice un supérieur en se supposant les mêmes imperfections, une mode de costume peut s'établir, et comment, par suite de l'approbation d'imitations de cette espèce, peut insensiblement se produire la tolérance d'autres imitations.
425. — Ce n'est pas qu'une cause de ce genre produise d'ellemême un tel effet. Une cause nouvelle profite de la voie quia été ouverte pour coopérer avec elle. L'imitation compétitive, allant toujours à la limite permise par l'autorité, fait tourner à son propre avantage toute occasion que fait naître l'imitation révérentielle.
426. — Si mêlés et confondus que soient le Cérémonial et la Mode, leur origine et leur signification sont différentes, le premier étant propre au régime de la coopération obligatoire, et la seconde au régime de la coopération volontaire. Il y a là, évidemment, une différence essentielle, et même une opposition de nature, entre la conduite imposée par la subordination des petits aux grands, et celle qui est l'effet de l'imitation des grands par les petits.