‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 283 sur 409 · XII. — PASSÉ ET AVENIR DU CÉRÉMONIAL · texte numérisé non relu

XII. — PASSÉ ET AVENIR DU CÉRÉMONIAL

427. — Les règles de conduite sont donc des produits naturels issus de l'évolution graduelle de la vie sociale. Leur progrès en intégration, en hétérogénéité, en détermination et en cohérence, prouve qu'elles se conforment aux lois de l'Évolution en général .

428. — Quand on nous montre l'origine commune des observances qui sont maintenant distinguées comme étant politiques, religieuses et sociales ; quand nous voyons ainsi vérifiée en détail l'hypothèse que le gouvernement cérémoniel a précédé dans le temps toutes les autres formes de gouvernement, auxquelles d'ailleurs il se mêle toujours, on nous montre qu'en se conformant aux lois générales de l'Évolution il se subdivise par

INSTITUTIONS CÉRÉMONIELLES | i 3

différenciation on trois grands ordres, en môme temps que chacun de ces ordres se différencie Lui-même.

A-2{.K — Depuis le chien battu, qui, rampanl sur son ventre, rienl lécher la main de son maître, nous pouvons suivre La Loi d'après Laquelle Les formes cérémonielles sont Le produit naturel de la relation du vainqueur et du vaincu, et la Loi qui en est la conséquence, savoir que ces formes se développent avec le type militaire de société. Il est évident que ces connexions sont nécessaires, quand on se souvient que, avec la composition et la recomposition des groupes sociaux produites par le régime militaire, il doit se produire une évolution des formes de subordination, formalités que les besoins de contrainte rendent plus fortes, que la hiérarchie des rangs multiplie, et qui sont rendues de plus en plus précises par l'accomplissement continuel sous la sanction de peines.

430. — Il est évident que le caractère moral naturel au type militaire de société encourage le cérémonial, tandis que le caractère moral naturel au type industriel lui est défavorable, puisque c'est la crainte qui est l'origine du cérémonial : d'un côté, La souveraineté d'un vainqueur, de l'autre la crainte de la mort, ou d'une punition, éprouvée parle vaincu ; puisque L'indépendance augmente à mesure que la coopération sociale est moins coercitive, et que, aussitôt que le désir de s'élever aux dépens de L'humiliation des autres se trouve entravé par la sympathie, l'appétit pour les marques honorifiques est moins ardent; on préfère les signes de respect plus modérés.

431. — Il faut aussi remarquer que les obligations du cérémonial ne forment pas seulement une partie d'un régime coercitif, propre aux types sociaux inférieurs que caractérise la prédominance du militarisme, mais aussi qu'elles sont une partie d'une discipline qui adapte les hommes à une vie sociale supérieure.

i.'Ji. — Ceci nous amené a reconnaître un principe général, à savoir que dans chaque groupe systématisé de forces restrictives — cérémonielles aussi bien que les forces politiques el religieuses qui en sortent — il se dégage peu a peu une sorte spéciale d'autorité non sj stématisée, celle de la politesse, qui, par degrés, devient indépendante. I>e môme que la loi se différencie des

Mi LES PRINCIPES DE LA SOCIOLOGIE

commandements personnels, et la morale des prescriptions religieuses, de même aussi la politesse se différencie d'avec l'observance cérémonielle, et les usages rationnels se différencient d'avec la mode.

433 — Est-il nécessaire d'ajouter qu'avec des développements ultérieurs du type social basé sur la coopération volontaire, avec des émotions et une intelligence d'un ordre plus élevé, se produira une plus grande désuétude des salutations, des formules complimentaires, des titres, des insignes, etc., etc.?

« L'Évolution <\f> gouvernements, généraux ou locaux, comme la déterminent les causes naturelles : leurs types et métamorphoses, leur complexité et leur spécialisation croissantes, et la limitation progressive de leurs fonctions. »

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