‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 290 sur 409 · VIII. — LES CORPS CONSULTATIFS · texte numérisé non relu

VIII. — LES CORPS CONSULTATIFS

490. — Nous nous sommes occupés jusqu'ici de la première partie de la structure politique triple et une, comme indépendante de la seconde, puis de cette seconde partie comme étant indépendante de la première. Nous allons maintenant traiter des deux ensemble.

491. — Le corps consultatif est en germe dans le conseil de guerre, formé des principaux guerriers qui discutent en présence de leurs suivants. Ceci est impliqué d'ailleurs par la survivance d'usages qui montrent qu'une assemblée politique était primitivement une assemblée d'hommes armés. D'accord avec cette supposition nous trouvons le fait que lorsqu'un état relativement sédentaire a été atteint, le rôle du peuple réuni est limité à l'acceptation ou au rejet des propositions énoncées, et que les membres du corps consultatif que le chef, qui est en même temps le général, a convoqués, ne donnent leur opinion que lorsqu'il les invite à ce faire.

492. — Il ne manque pas d'indices pour suivre la marche par laquelle le conseil de guerre primitif se développe, se consolide et se sépare. Dans la classe des guerriers qui, nous l'avons vu, étaî t nécessairement au début la classe propriétaire du sol, la guerre produit des différences de richesse croissantes comme des différences croissantes de situation légale, de telle sorte que, à côté

de la composition et de la recomposition des groupes qu'amène la guerre, on en vient à distinguer les chefs militaires comme de grands propriétaires, et des chefs locaux. D'où il suit que les membres du corps consultatif sont séparés des hommes libres, en général, non seulement comme des chefs guerriers sont séparés de leurs hommes, mais encore plus par leur richesse et leur autorité.

493. — Ce contraste croissant finit par une séparation complète lorsque, au cours du temps, la guerre consolide de grands territoires. Des hommes libres, armés, dispersés sur une vaste étendue, sont empêchés d'assister aux assemblées périodiques par le coût du voyage et la perte de temps, et aussi par l'expérience que des multitudes humaines, sans préparation et sans organisation, sont sans défense en présence de quelques hommes organisés, mieux armés, mieux montés, et qui ont des bandes à leur service. Ainsi, passant de la phase pendant laquelle les hommes libres, armés, qui habitent près du lieu de réunion s'y rendent seuls, a celle où môme ceux-ci, n'étant pas convoqués, sont considérés comme n'ayant aucun droit d'y assister, nous arrivons à la complète différenciation du corps consultant.

494. — Les changements dans les pouvoirs relatifs du chef et du corps consultatif sont déterminés par des causes évidentes. Si le roi conserve ou acquiert la réputation d'une descendance ou d'une autorité surnaturelles, et si la loi de succession héréditaire est établie de façon à exclure l'élection, ceux qui auraient pu constituer un corps consultatif ayant un pouvoir coordonné sont simplement nommés conseillers. Mais si le roi n'a pas ieprestige d'une origine ou d'une délégation qu'on suppose sacrées, le corps consultatif conserve son autorité, et si la royauté continue à être élective, Ce corps peut devenir une oligarchie.

195. — Donc, par le militarisme, le souverain fini! par être séparé de tous ceu\ qui sont au-dessous de lui, el les quelques hommes supérieurs intégrés en an corps délibéranl sonl séparés

de la multitude au-dessous, i» prétend point, naturellement,

que tous les corps consultatifs aient pris naissance de la manière qui vient d'être décrite, ou sont constitués de la sorte. La description tracée ne s'applique qu'à ce qu'on peut appeler les corps consultatifs normaux, qui se développent durant le processus

par lequel la guerre effectue la fusion des petites sociétés en sociétés plus grandes.

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