XI. — ORGANES DE GOUVERNEMENT LOCAL
."i()7. — Le système régulateur basé sur les liens du sang est sujet a se mêler et. à se subordonner au sj sterne régulateur ne du commandement militaire. Examinons d'abord l'organe de gouvernement local Dé de l'autorité militaire, comme étanl allié de plus pies aux organes de gouvernement rentrai dont nous nous sommes occupés jusqu'ici.
508. — En général, après la guerre, le vainqueur trouve nécessaire, ou politique, de respecter L'autonomie matérielle des sociétés subjuguées. D'où il suit qu'avant que L'intégration ne se soii produite, les gouvernements Locaux in- sont d'ordinaire
que les gouvernements des parties qui existaient avant d'être unies en un tout.
509. — La disparition graduelle des autonomies est un résultat habituel de la lutte entre les gouvernements des parties, qui essaient de conserver leur pouvoir, et le gouverment central qui essaie de le diminuer. Les chefs locaux perdent leur pouvoir dirigeant, et deviennent des agents exécutifs seulement, remplissant les devoirs qu'ils conservent comme serviteurs d'agents locaux plus nouveaux.
510. — Il faut noter, en outre, le fait qu'il existe habituellement une parenté de structure entre le gouvernement général et les gouvernements locaux (à supposer l'unité de la race) qui résulte du fait que l'un et l'autre sont les produits ultimes de la môme nature individuelle. A côté d'un despotisme central il y a une autorité locale despotique ; avec une forme plus libre du gouvernement supérieur, il y a une forme plus libre des gouvernements secondaires ; et un changement, dans une direction quelconque, chez l'un, est suivi d'un changement analogue chez l'autre.
511. — Bien que, avec la fusion des groupes, l'organisation et le gouvernement politiques se séparent de l'organisation et du gouvernement familiaux, puis les dominent, dans la province comme dans l'État, cependant cette organisation et ce gouvernement ne disparaissent pas ; mais, en quelques cas, conservant leur nature primitive, ils donnent naissance à d'autres organisations gouvernementales locales. Les faits prouvent que ces sociétés alliées survivent longtemps, et conservent en partie leur autonomie et leur constitution.
512. — Le progrès social les transforme, cependant, en diverses manières, les différenciant en groupes qui perdent insensiblement leurs caractères de famille. Parmi les diverses causes qui conspirent au changement du groupe qui unit des personnes semblables en un groupe politique, il faut compter d'abord l'admission d'étrangers dans la famille, la gens, ou tribu, que nous avons déjà reconnue comme une opération normale, dès les débuts de la vie sauvage. En second lieu, quand, par la concentration et la multiplication, différents groupes de personnes semblables, placées autrefois côte à côte, se trouvent entremêlés
à d'autres, et qu'il cesse d'y avoir entre eux une connexion directe de localité et de parenté, les liens de famille ou de tribu s'affaiblissent encore. Et alors il résulte finalement le besoin d'un groupemenl basé sur la localité au lieu de la parenté, pour les buts fiscaux et militaires.
513. — Il reste à parler d'une sorte de gouvernemenl local d'un genre analogue, qui, paraissanl avoir dû être identique avec le dernier, s'en est ultérieurement différencié : il s'agit de l'influence de la corporation. La continuation d'une affaire, d'un art ou d'une profession, parmi les descendants, est presque inévitable, aux premières étapes de la société. Il est aisé d'apprendre Le métier par un exercice commencé de bonne heure ; le coùl de l'éducation est minime, et la conservation du « tour de main » dans la famille est désirable. Et il y a de plus la raison que les groupes familiaux étant en antagonisme, il n'est guère possible qu'ils s'instruisent mutuellement. Dans le cours des années, l'adoption, telle que l'admission d'un apprenti étranger à la famille, qui se pratique dans les groupes de tous les genres, n'a qu'à devenir fréquente pour que le caractère de la corporation comme assemblage familial soit obscurci. L'importance de la corporation, comme agent de gouvernement el son évolution probable hors de la famille composée primitive, se verront clairement quand nous nommerons les traits communs aux deux : l'obligation de la vengeance du sang; la responsabilité des transgressions de ses membres ; le devoir d'entretenir les membres incapables; la réglementation de L'habitude personnelle; étendu l'exécution de châtiments tels que l'excommunication et la mise hors la loi.
514. — <>u peut ajouter que ces gouvernements supplémentaires propres au type militaire de société s'évanouissent dès <pie le type industriel commence à prédominer. Restreignant d'une façon artificielle les actions de chaque membre, e1 le rendant aussi responsable des actes d'aulrui, ils sont en désaccord
avec cette asserti croissante d'individualité qui accompagne
le développement industriel.