V. — SACERDOCE DU SOUVERAIN
00:2. — Si, de la croyance que le double du mort reviendra bientôt reprendre sa vie, il résulte que le fils qui détient sa propriété et lui offre un culte payé par cette propriété n'est qu'un délégué, il faut admettre comme corollaire la fusion du sacré et et du temporel.
003. — Tandis que le développement de la famille en un groupe de familles, qui finit par aboutir à une communauté, à un village, comprenant souvent des étrangers affiliés, a pour conséquence le fait que le patriarche cesse d'avoir la triple influence de chef domestique, politique, et religieux, celui-ci conserve un double caractère ; il conserve habituellement les fonctions de chef et de prêtre. Cette relation de fonctions se retrouve partout aux premières étapes de l'évolution sociale, et persiste jusqu'aux plus récentes.
004. — Les actes de propitiation envers les doubles des morts, accomplis d'abord par tous les parents, puis par les chefs de famille, se distinguent un peu plus des autres quand c'est le chef de la famille la plus puissante qui les accomplit. Quand la prépondérance de la famille s'accroît avec la conception de la supériorité de l'esprit du chef décédé sur celle des autres esprits de chefs, quelques individus désirent gagner sa faveur. Un plus grand nombre, et bientôt tous, imitent cet exemple. Et ce désir générai engendre finalement l'habitude d'adresser des offrandes et des prières au chef décédé par la bouche du chef vivant, son descendant, dont le caractère sacerdotal est ainsi décidé.
005. — Il nous reste à voir maintenant comment, au cours de l'évolution sociale, la fonction sacerdotale devient exercée de plus en plus par procuration.
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