VIII. — LES HIÉRARCHIES ECCLÉSIASTIQUES
(516. — Les institutions élémentaires de chaque société présentent habituellement des caractères de structure analogues.
<J17. — Quand l'organisation politique n'est que peu développée, il n'y a que peu de développement de l'organisation ecclésiastique, tandis qu'à côté d'un gouvernement central coercitif se place un gouvernement religieux qui n'est ni moins centralisé ni moins coercitif. Les modifications exigées pour l'adaptation aux changements déterminés dans l'an des cas par des révolutions, et dans l'autre par des substitutions de symboles, n'affectent pas sérieusement celte organisation.
('•IS. — La ressemblance cuire les organisations politique el ecclésiastique, dans les pays où elles sont séparées, est duc en grande partie à ce qu'elles tirent leur commune origine du sentiincni du respect. L'obéissance prompte à un chef terrestre s'accompagne naturellement d'une obéissance prompte à un chef céleste supposé, et la nature qui favorise le développement d'une administration imposant l'une, favorise aussi celui d'une administration imposant la seconde.
ci!». — A côté du progrès numérique du clergé s'opèrent des spécialisations qui en fonl une hiérarchie. L'intégration s'accompagne de différenciation. Que le culte soii autochtone ou un produit de l'invasion, il en résulte une hiérarchie de fonction-
naires sacerdotaux analogue dans ses principes généraux d'organisation au système gradué des fonctionnaires politiques. Dans l'un des cas comme dans l'autre, la différenciation, partant d'un état où le pouvoir est distribué d'une façon à peu près uniforme, arrive à un état dans lequel, tandis que la masse reste entièrement subordonnée, l'action de l'autorité se montre dans la subordination du grand nombre à quelques-uns, et à un seul.
620. — Il faut ajouter aux grands traits du développement des institutions ecclésiastiques la naissance et l'établissement du monacliisme qui, commençant sous une forme dispersée, inorganisée, en vint peu à peu à se faire une règle commune de gouvernement et de vie. Bien qu'au début les moines fussent considérés comme des hommes plus saints que les membres du clergé, ils n'exerçaient pas encore de fonctions cléricales ; mais dès le v° et le vf siècles, ils en possédèrent quelques-unes, et devinrent ainsi soumis à l'autorité des évèques, d'où résulta une longue lutte en faveur, d'une part de l'indépendance des uns, et de l'autorité des évèques d'autre part; lutte qui se termina par l'incorporation pratique des moines à l'Église, et la complication ultérieure de la hiérarchie.
651. — Comme nous ne nous occupons ici que des aspects généraux de l'évolution des hiérarchies ecclésiastiques, il est inutile d'entrer en plus de détails.