‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 317 sur 409 · XIV. — INFLUENCE MORALE DES SACERDOCES · texte numérisé non relu

XIV. — INFLUENCE MORALE DES SACERDOCES

646. — Ainsi qu'on l'a dit précédemment, il existr dans la plupart des esprits une association erronée entre le ministère religieux et l'enseignement moral. De quelles manières, donc, les institutions ecclésiastiques ont-elles affecté la nature des hommes?

647. — Elles ont avancé la croissance et le développement de la société en maintenant une propitialion commune de l'esprit d'un chef mort, en encourageant l'esprit conservateur qui garan-

tit la continuité des arrangements sociaux, en formant un système régulateur supplémentaire qui coopère avec le système politique, en insistant sur l'obéissance d'abord aux dieux et ensuite aux rois, en soutenant la coercition par laquelle s'est formée la puissance d'application, et en fortifiant l'habitude de l'empire sur soi-même.

648. — Comme, à l'origine, la consécration d'une chose à un dieu est faite par un prêtre ou par un chef revêtu de son caractère sacerdotal, nous la classerons parmi les institutions ecclésiastiques, et le respect inculqué pour les droits de la propriété qui en découle doit être compté parmi les disciplines bienfaisantes que les institutions ecclésiastiques ont données.

649. — Le fait que les modifications de nature produites par la discipline commune à toutes les croyances sont ou non accompagnées de modifications de genres plus élevés dépend en partie des récits traditionnels des dieux objets du culte, et en partie des conditions sociales. L'obéissance religieuse est le premier devoir, ce qui, dans les premières étapes, augmente souvent la férocité des mœurs.

650. — Il y a cependant de nombreuses anomalies, anomalies qui semblent inexplicables jusqu'au moment où nous reconnaissions qu'il est vrai qu'en tous cas la chose essentielle qui précède en importance les injonctions spéciales d'une religion, c'est la conservation de cette religion et des institutions qui la composent.

651. — Avec le passage d'un état plus militaire à un état plus industriel, vient une foi morale réformée, dont l'influence augmente ou diminue selon que les activités sociales restent pacifiques ou redeviennent belliqueuses. Si peu qu'agisse une telle foi morale réformée (qui sera bientôt acceptée comme étant d'origine divine) pendant les périodes où la guerre encourage les sentiments de haine au lieu des sentiments de paix, c'est un avantage de l'avoir en réserve pour qu'elle s'affirme quand les conditions le permettront.

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