COLLINS. Xi
3ii LES PRINCIPES DE LA MORALE %
pour sujet l'agrégat de toutes les coordinations externes, et cet agrégat comprend non seulement les plus simples comme les plus complexes qu'accomplissent les êtres humains, mais celles qui sont aussi accomplies par tous les êtres inférieurs que l'on considère plus ou moins comme étant les produits de l'évolution. -
4. — Tenant compte du fait que la conduite se distingue de ]a totalité des actions en ce qu'elle exclut celles qui sont sans but, nous demanderons : qu'est-ce que le progrès, clans l'évolution de la conduite, tel que nous le suivons en remontant des types les plus bas d'animaux vivants jusqu'aux types les plus élevés? C'est l'adaptation plus fréquente et plus parfaite des actes aux fins. Ce qui se voit en comparant les Infusoires et les Rotifères, les Ascidiens flottants, et les Céphalopodes, le poisson et l'éléphant, le sauvage et le civilisé. Cet ajustement perfectionné des actes aux fins non seulement prolonge la vie, mais aussi favorise la quantité de celle-ci. Chaque évolution ultérieure de la conduite élargit l'agrégat des actions tout en contribuant à l'allonger.
5. — En suivant l'évolution de la conduite, nous devons aussi constater les ajustements qui ont pour but final la vie de l'espèce. Généralement parlant, l'évolution de l'une ne va point sans celle de l'autre, et l'évolution suprême des deux doit être atteinte simultanément.
6. — C'est une erreur de supposer, cependant, qu'aucune de ces deux sortes de conduite puisse revêtir sa forme la plus élevée, sans que cette forme plus élevée soit adoptée par une troisième sorte de conduite qu'il nous reste à nommer. Outre qu'ils doivent se conduire de façon à atteindre chacun son but sans empêcher les autres d'atteindre le leur, les membres d'une société peuvent donner une aide réciproque à l'exécution de fins, et leur conduite peut gagner ainsi un niveau encore plus élevé d'évolution.
7. — Nous allons voir que ces implications de l'hypothèse de l'évolution sont d'accord avec les idées morales principales que les hommes ont atteintes par d'autres côtés.