‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 33 sur 409 · XXIV. — RÉSUMÉ ET CONCLUSION · texte numérisé non relu

XXIV. — RÉSUMÉ ET CONCLUSION

ttti. — Arrêtons-nous un peu pour considérer le caractère général de nos conclusions, et l'unité des vérités générales que nous avons reconnues : ce sera un exemple déplus des intégrations de l'Évolution.

18r>. — Reconnaissant que La forme intégrée de La connaissance doil être mis.' à La tête de toutes, et que c'est là le but de la Philosophie, nous avons recherché les données d'où la philosophie peni partir; les propriétés de la Matière el dû Mouvement, et cette vérité dernière d'où toutes Lès autres sont dérivées. D'où

nous avons vu que suivaient l'Uniformité dos Lois, la Corrélation des Forces, et la Loi et le Rythme du Mouvement.

186. — Nous avons vu que, pour nous satisfaire, la Philosophie doit formuler toute la série des changements traversés par chaque être dans son passage de l'imperceptible au perceptible et du perceptible à l'imperceptible. Nous avons vu que cette loi du cycle entier des changements traversés par chaqne existence était: La perte dumouvementet l'intégration conséquente, suivie éventuellement d'acquisition de mouvement et de désintégration conséquente. Nous avons nommé Évolution, plus tard divisée en simple et en composée, le premier de ces changements, et le dernier, Dissolution.

187. — Nous avons passé, de là, à l'étude de la loi de l'Évolution, telle que la présentent tous les ordres d'existence, en général et en détail. Réunissant en une même conception les aspects divers de la transformation, nous avons vu que la redistribution de la matière et de son mouvement retenu, progresse d'un arrangement diffus uniforme et indéterminé à un arrangement concentré, multiforme et déterminé.

188. — Ici, nous pouvons faire une addition à notre argument en le résumant. Nous avons jusqu'ici, à plusieurs reprises, observé que, pendant qu'un tout quelconque est en évolution, les parties qui s'en séparent sont elles-mêmes soumises à la même loi; mais nous n'avions pas vu que ce principe s'applique de même à tout l'ensemble des choses, comme étant toutes composées de parties, depuis la plus petite jusqu'à la plus grande. 11 n'y a donc pas plusieurs métamorphoses s'opérant cle môme manière, il y a une seule métamorphose qui s'opère universellement, partout où la métamorphose contraire n'a pas commencé.

189. — Nous avons ensuite démontré comment, la Force étant persistante, la transformation que nous offre l'Évolution en résulte nécessairement. Nous avons noté un accroissement de multiformité dérivée d'abord de l'Instabilité de l'Homogène, et d'une façon secondaire, de la Multiplication des effets: et nous avons vu se mieux définir le caractère des unités mêlées par leur Ségrégation. A la question de savoir si ces processus ont une limite, la réponse est : qu'ils doivent aboutir à l'équilibre. Mais le fait qui nous importe le plus est que chacune

LE CONNAISSABLE (il

de ces Lois de la redistribution de la Matière et du Mouvement se déduil du Principe de la Persistance de la Forer.

190. — Enfin, oous avons considéré ce processus de Dissolution gui forme le complément <lc l'Évolution, et qui, inévitablement, un jour ou l'autre, défait ce qu'a fait l'Évolution. Conclusion qui peut aussi être déduite de la Persistance de la Force.

191. — Le cycle de notre argument nous ramène à nos conclusions du chapitre premier, où, indépendamment de toute enquête du genre de la précédente, nous avons traité des relations entre le Gonnaissable et l'Inconnaissable.

102. — Que personne ne croie que la vérité de la théorie de l'Évolution dépende de la vérité «les propositions secondaires que nous avons employées comme exemples. Elle dépend de la validité de ses vérités générales; tant que ces dernières ne seront pas réfutées, rien n'ébranlera notre confiance.

193. — Le développement de la Connaissance en un agrégat organisé de déductions de la Persistance de la Force ne pourra s'achever que dans un avenir fort éloigné, et même alors, peutêtre ne s'achèvera-t-il pas entièrement. Pourtant, une tentative de réduction des faits accumulés en une sorte d'ordre, sera la justification dos parties suivantes de ce volume; on s'y occupera des divisions de ce que nous avons appelé au début Philosophie Spéciale.

l!)i. — Avant d'interpréter en détail les phénomènes de la Vie, de l'Esprit, de la Société par la Matière, le Mouvement et la Force,il sera bon de résumer la doctrine Philosophico-itetigieuse qui a été exposée. L'interprétation de tous les phénomènes par la .Matière, le Mouvemenl et la Force, n'est rien de plus que la réduction de nos symboles complexes de pensée aux plus simples de tous les s> mboles ; el rien de plus que des \\ uiboles. Les raisonnements des pages précédentes ne soutiennent ni les Matérialistes ni les Spiritualistes dans leur appréciation de la nature ultime des choses. Celui qui interprétera correctement cel ouvrage \ verra que, bien que le rapport du sujet à I objet nous rend.' nécessaires les conceptions antithétiques de l'Esprit et de la Matière, l'un ne doil pas plus que l'autre l'ire considéré autrement que comme le signe delà Réalité Inconnue qui est le substraluin de l'une ei l'autre.

« Dans l'ordre logique, V application de ces Premiers Principes à la Nature Inorganique devait se placer ici. Mais nous proposons de laisser de côté celle grande division : en partie parce que, même satis l'admettre, le plan est déjà trop étendu; et en partie parce que l'interprétation de la Nature Organique, d'après la méthode proposée, est d'une importance plus immédiate. »

La deuxième partie traitera donc des Principes de Biologie.

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