‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 36 sur 409 · III. — RÉACTIONS DE LA MATIÈRE ORGANIQUE SUR LES FORCES · texte numérisé non relu

III. — RÉACTIONS DE LA MATIÈRE ORGANIQUE SUR LES FORCES

17. — Il nous faut examiner rapidement les redistributions que subissent simultanément les forces agissant sur la matière organique ; nous y comprendrons les réactions immédiates, et ces réactions mw nous nommerons médiates, et qui sont au nombre des phénomènes vitaux les plus en évidence.

18. — Des forces incidentes appellent de la matière organique, comme de toute autre matière, cette réaction que nous nommons Chaleur. De même que dans un morceau de bois qui brûle, la chaleur venant de la partie qui s'est combinée avec l'oxygène, élève la partie adjacente à une température qui lui permetaussi dese combiner avec l'oxygène ; de même chez un animal vivant, la chaleur produite par l'oxydation de chaque partie des tissus maintient la température au point où les parties non encore oxydées peuvent aisément le devenir.

19. — Parmi les forces dégagées des organismes par réaction contre les actions auxquelles elles sont soumises, se trouve la lumière. Gela se voit dans la phosphorescence — qui provient probablement de l'oxydation des tissus — manifestée par certains champignons, et qui est d'ailleurs relativement commune chez les animaux.

:>»>. — Nous avons d'abondantes preuves que del'Électricité prend naissance durant les redistributions qui s'opèrent incessamment au sein de l'organisme. Entre différents organes internes tels

que le foie et l'estomac, il y a des contrastes électriques, ces contrastes étantle plus marqués quand les opérations accomplies dans les parties soumises à la comparaison sont les plus différentes.

21. — A ces modes connus de mouvement, ilfaut en ajouter un inconnu — une force inconnue, en ce sens qu'elle ne peut être assimilée à aucune force reconnue par d'autres voies. C'est la force nerveuse. Elle est habituellement engendrée dans tous les animaux, sauf les inférieurs, par des forces incidentes de toutes les espèces. Il est impossible de dire si nous en saurons jamais davantage que ceci, savoir que c'est un genre de dérangement, moléculaire propagé d'un bout à l'autre d'un nerf. Les expériences montrent que la force nerveuse est engendrée quand le bout coupé d'un nerf est irrité mécaniquement, ou soumis à une action chimique, ou à un courant galvanique ; donc la force nerveuse est dégagée par tout ce qui dérange l'équilibre moléculaire de la substance nerveuse. Et c'est là tout ce qu'il nous est nécessaire de savoir, pour le moment.

22. — La réaction la plus importante de toutes celles que les actions ambiantes provoquent dans les organismes, celle du mouvement sensible, doit maintenant nous occuper. La vie des plantes est partout accompagnée de mouvement sensible; nous pouvons le voir clans la circulation de la sève, dans la progression errante des Diatomées et dans les projections de pollen des Orchidées. Le mouvement distingue particulièrement l'animal , depuis la progression ciliaire des animaux inférieurs jusqu'à l'activité neuro-musculaire des animaux supérieurs. On ne sait pas encore exactement quelles transformations spéciales de forces engendrent ces divers changements mécaniques ; comment le mouvement moléculaire se transforme en mouvement de masses; ni comment le mouvement insensible transmis par un nerf donne lieu à un mouvement sensible dans un muscle.

23. — Nous ajouterons seulement que les évolutions de force dont nous avons parlé ici et dans la division qui précède, dépendent rigoureusement des changements de la matière. C'est un corollaire de la persistance de la force, que la quantité quelconque de force qu'un organisme dépense sous une forme quelconque est corrélative d'une force que cet organisme a reçue du dehors, et lui est équivalente.

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