‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 37 sur 409 · IV. — DÉFINITION APPROXIMATIVE DE LA VIE · texte numérisé non relu

IV. — DÉFINITION APPROXIMATIVE DE LA VIE

24. — Il est presque inutile de rappeler à ceux qui acceptent la doctrine générale de l'Evolution que Les classifications ne sont que «les conceptions subjectives auxquelles ne correspond aucune démarcation absolue dans la Nature. Par conséquent, toutes les fois que nous voulons définir quelque chose de complexe, nous ne pouvons guère éviter de comprendre dans noire définition plus que nous ne voulons, ou d'en exclure quelque chose que nous voudrions y comprendre. Ainsi, en cherchant une définition de la Vie, nous éprouvons une grande difficulté à gn trouver qui soit suffisante, et ne reste pas en deçà, qui n'aille pas au delà. Pour déterminer les traits caractéristiques généraux de la vitalité, comparons ensemble ses deux espèces les plus dissemblables et voyons en quoi elles concordent.

25. — Choisissant V assimilation pour exemple dans la vie du corps, et le raisonnement pour exemple de la vie que nous distinguons sous le nom d'intelligence, nous ferons remarquer tout d'abord que ces deux faits sont des opérations de changement. Sans changement, la nourriture ne saurait être absorbée dans le sang, ni transformée en tissus; on ne peut davantage, sans changement, passer des prémisses à la conclusion. C'est cette manifestation visible de changement qui fait le substratum de notre idée de la Vie en général. La comparaison nous montre que ce changement diffère des changements non-vitaux, en ce qu'il se compose de changements successifs. La nourriture doit être mâchée, digérée, etc. ; e1 un argument uécessite une longue chaîne d'états de conscience donl chacun implique un changement d'un étal précédent. Le changement viial se dislingue en outre par la simultanéité de ses changements. L'assimilation ei le raisonnemenl comprennent tous deux beaucoup d'actions simultanées. Les changements vitaus soit viscéraux, soi i cérébraux,diffèrent aussi d'autres changements par leur hétérogénéité. Ni les actes simultanés, ni les actes sériaires, soi i de la digestion soit de la ratiocination, ne sont tous semblables. Ils se distinguent encore par le l'ail que la combinaison subsiste nu milieu de leurs changements constitutifs. Ainsi les actes de la digestion

dépendent les uns des autres, et ceux qui composent une chaîne de raisonnement sont unis de même. De plus, ils diffèrent en ce qu'ils sont d'une nature définie. L'assimilation, la respiration et la circulation dépendent les unes des autres d'une façon définie. Ces traits caractéristiques ne font pas seulement la ligne de démarcation entre les changements vitaux et les non-vitaux, mais aussi celle qui sépare les créatures d'une vitalité supérieure des créatures de vitalité inférieure. Nous aboutissons ainsi à cette formule : la vie est la combinaison dr finie de changements hétérogènes à la fois simultanée et successifs. Non pas une combinaison définie comme s'il yen avait d'autres, mais /«combinaison définie.

26. — Cette formule est cependant imparfaite, en ce qu'elle omet la particularité la plus distinclive. celle dont nous avons l'expérience la plus familière, et avec laquelle notre conception de la Vie est associée plus qu'avec toute autre. Nous allons compléter cette définition en y ajoutant cette particularité.

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