II. DÉVELOPPEMENT, OU ACCROISSEMENT DE STRUCTURE
50. — Nous arriverons à une conception générale du développement par une classification approximative de ses modes. Le développement est primitivement central. Toutes les formes organiques dont l'histoire nous est connue commencent par un arrangement symétrique de parties autour d'un centre. Selon que le produit du germe se développe symétriquement autour d'un centre, ou en subordination avec plusieurs centres, il devient unicentral, forme peu commune, ou multicentral. Le développement multicentral se divise en continu, quand tout le produit d'un germe est réuni par cohésion en une masse, comme chez le lichen, ou lorsqu'il n'est pas réuni, en discontinu, comme chez les protozoaires. De ces formes, nous passons au genre supérieur de développement appelé axial, tendance manifestée à peu près partout, chez les endogènes, les exogènes, les cœlentérés et les vertébrés. Comme précédemment, tout le produit du germe peut s'arranger autour d'un seul axe, ou de plusieurs; le développement peut être uniaxial ou multiaxial. Les champignons, les algues et les animaux supérieurs ont la structure uniaxiale; les cœlentérés, les molluscoïdes et les arbustes et les arbres, la multiaxiale . Cette dernière peut être soit continue, quand les parties à axes différents continuent à rester unies, ou discontinue, quand ces parties se séparent. Les plantes d'ornement, et les Hydrozoaires et les Actinozoaires
composés sont des exemples de développement multiaxial continu. Le polj pe d'eau (louée, et le fraisier avec ses coulants charde boutons sont des exemples du second. Rien que l'Évovolution rende impossible un arrangemenl affranchi d'anomalies, le groupement grossier des faits suivants nous sera utile quand nous aurons affaire à l'Individualité et à la Reproduction :
[ unicentral [ continu
«entrai ou ou
( multicentral ( discontinu.
Le développement est { ou
I uniaxial ( continu
axial ou ou
( multiaxial ( discontinu.
51. — Il nous faut maintenant arriver à la considération interne el plus spéciale du développement organique. Dans Chacune des subdivisions des règnes organiques, le changement de l'homogénéité incohérente et indéfinie à l'hétérogénéité Cohérente et définie est représenté d'une façon quadruple. Les unilés primitivement semblables, ou cellules, se différencient de diverses manières, et de manières plus nombreuses et plus marquées a mesure ([n'avance le développement. Les I issus que forment par agrégation ces diverses classes de cellules, deviennent peu à peu distincts les uns des autres, et peu à peu leur structure se complique. Dans le bourgeon, connue dans le membre, la forme extérieure d'abord 1res simple, et ressemblant a d'innombrables autres formes simples soit, organiques, soit Inorganiques, acquierl graduellemenl une complexité croissante, et devient de plus en plus dissemblable d'autres formes. Pendant ce temps, les autres parties de l'organisme auxquelles le membre ou le bourgeon appartient, ayanl pris chacune des structures divergentes qui les différencient entre elles et aussi de ceuxei, il s'esi, formé dans l'organisme, considère comme tout, une hétérogénéité plus grande.
•"•-• — Nous arrivons à une des plus remarquables inductions de l'embryogénie. Von Baër a découvert qu'aux premières périodes de leur existence, tous les organismes se ressemblent par le plus grand nombre de leurs caractères : qu'à chaque