‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 42 sur 409 · II. GOLLINS. i · texte numérisé non relu

II. GOLLINS. i

époque subséquente l'organisme acquiert des traits qui distinguent l'embryon en voie de développement des groupes d'embryons auxquels il ressemblait auparavant, et vont ainsi diminuant, pas à pas, le groupe des embryons auxquels il ressemble encore ; et qu'ainsi la classe des formes similaires est réduite à l'espèce dont il est membre. Par exemple, l'embryon de l'homme, primitivement semblable à tous les autres, se différencie d'abord des embryons végétaux, puis des embryons invertébrés, et prend subséquemment les caractères des mammifères, puis ceux des mammifères placentaires, puis ceux des mammifères onguiculés, et finalement ceux de l'homme.

53. — En môme temps que la différenciation progressive de chaque organisme d'avec les autres, nous observons une différenciation progressive de son milieu, semblable à la différenciation progressive d'avec le milieu que nous rencontrons dans les formes de la vie, à mesure que nous remontons l'échelle des êtres. En considérant les différents degrés d'organismes dans leur ordre ascendant, nous trouvons, en principe, qu'ils se distinguent de plus en plus de leur milieu inanimé, par la structure, la forme, la composition chimique, la gravité spécifique, la température et la mobilité spontanée. Plus un animal ressemble physiquement à son milieu, plus il reste passivement participant aux changements qui s'y produisent, tandis que plus son pouvoir de réagir contre ces changements augmente, et pins il devient dissemblable par rapport à ce milieu.

Si nous examinons au même point de vue la relation que soutient un organisme supérieur avec son milieu pendant les phases successives de son existence, nous trouverons une série analogue de contrastes. Ainsi on peut dire que le développement d'un organisme individuel est en môme temps une différenciation de ses parties entre elles, et une différenciation qui distingue le tout consolidé de son milieu ; et que au dernier, comme au premier point de vue, il existe une analogie générale entre la progression d'un organisme individuel, et celle des ordres inférieurs d'organismes vers les ordres supérieurs.

54. — Nous avons pu voir, en traitant déductivement de ces inductions, que le développement est un changement d'un état d'homogénéité incohérente et indéfinie à une hétérogénéité cohé-

LES I.MH CTIONS DE LA BIOLOGIE 83

rente et définie. Nous avons vu aussi que, de môme que la croissance (l'un organisme entier s'opère aux dépens des substances du milieu qui ressemblent à L'organisme, de même la production de chaque organe dans l'organisme, se faitaux dépens de celles des substances contenues dans l'organisme, dont cel organe particulier a besoin. C'est une assimilation sélective démontranl le grand principe que les unités semblables tendentà se séparer, el que la préexistence d'une masse de certaines unités produit probablement, par l'attraction polaire, une tendance chez les unités diffuses de même sorte à s'agréger à cette masse plutôt qu'à d'autres.

Page 1