‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 43 sur 409 · III. — LA FONCTION · texte numérisé non relu

III. — LA FONCTION

Sa. — Le professeur Huxley a fait remarquer, au sujet des Rhizopodes inférieurs qui ne présentent aucune partie distincte, et pourtant se nourrissent, croissent et se meuvent, qu'ils sont un exemple de Vie sans organisation. Par conséquent, il faut considérer la Fonction comme ayant le pas sur la Structure, et non la Structure sur la Fonction.

06. — La Fonction peut être divisée en statique, comme celle du squelette, et dynamique, comme celle de la nutrition. A un autre point de vue, on peut aussi la diviser sous trois chefs : p accumulation de force (latente dans la nourriture) ; la dépense df force (latente dans les tissus el certaines substances qu'ils absorbent] ; et la transmission de forer (latente dans l'aliment préparé oudans le sang) des parties qui accumulent aux parties qui dépensent.

:>7. — La première induction que nous devons poser est bien connue et assez évidente : c'est que la complexité de la fonction est corrélative de la complexité de structure.

58. — C'est une généralisation presque aussi évidente que la précédente, que les fonctions, connue les organes, se forment par des différenciations successives. De même qu'un organe est, d'abord, un rudimenl indéfini, n'ayant rien de commun sauf quelques caractères généraux, ai ec la forme qu'il doit re\ ôtir à l.i lin, de même une l'onction commence comme une espèce (l action qui ae ressemble à l'espèce d'action qu'elle deviendra

8i LES PRINCIPES DE BIOLOGIE

plus lard, que d'une manière vague. Et dans le développement des fonctions comme dans celui des organes, le trait principal qui se manifeste de bonne heure est suivi de traits d'importance toujours moindre. Il en va de même dans toute la série descendante des organismes, et dans toutes les périodes de chaque organisme. Le progrès qui va d'actions simples à des actions complexes a été . selon une heureuse expression de Milne Edwards, nommé la « division physiologique du travail ».

59. — Pour bien comprendre ce changement de l'homogénéité à l'hétérogénéité de fonction qui accompagne le changement d'homogénéité à l'hétérogénéité de structure, il est nécessaire de l'étudier au point de vue opposé. En même temps que les fonctions se différencient, elles s'intègrent aussi. Pendant que chez les créatures bien développées la distinction des fonctions est très marquée, leur combinaison est très rapprochée: à chaque instant l'aération du sang suppose que certains muscles respiratoires ont été mis en l'état de contraction par certains nerfs, et que le cœur est régulièrement occupé à pousser le sang vers le théâtre de l'aération. Pour que le cœur puisse agir, il faut qu'à chaque instant il soit excité par les décharges de certains ganglions; et les décharges de ces ganglions ne sont possibles qu'à condition qu'ils reçoivent à tout moment un arrivage du sang auquel le cœur donne l'impulsion.

60. — La division physiologique du travail n'est pas, d'ordinaire, portée assez loin pour qu'elle détruise entièrement la communauté physiologique primitive du travail. De même que dans les sociétés l'adaptation de classes spéciales à des travaux spéciaux ne rend pas celles-ci complètement incapables de remplir les devoirs les unes des autres, en une occasion imprévue, de même aussi, dans les organismes, des tissus et des organes qui sont devenus propres aux offices particuliers dont ils ont à s'acquitter ordinairement, sont souvent susceptibles d'en remplir d'autres. Nous devons dire, pourtant, que l'aptitude à reprendre la communauté primitive de fonction varie dans un rapport inverse avec la spécialisation de fonction, et qu'elle disparaît quand la spécialisation devient grande.

61. — Si le nombre des différentes parties d'un agrégat doit déterminer le nombre des différenciations produites clans les

forces qui les traversent; si la distinction de ses parties les unes d'avec 1rs autres doit Impliquer la distinction clans leurs réactions, et par conséquent la distinction entre les divisions de la force différenciée, il ne saurait manquera') avoir un parallélisme complel entre le développement de structure et le développement île fonction. Si la structure progresse du simple et du général au complexe et au spécial, il doit en être de même de la fonction.

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