IV. — DSURE KT RÉPARATION
(ii. — Passant, sans nous y arrêter, à cause de leur insignifiance, par dessus l'Usure et la Réparation dans le régne végétal, nous arrivons au règne animal ; nous y voyons peu d'usure chez les créatures produisant peu de ce mouvement insensible et sensible que nous nommons chaleur et mouvement musculaire, comme les Actinies; par contre, l'usure est évidente chez celles qui produisent beaucoup de mouvement . comme les mammifères. Chez la même créature, il y a plus d'usure quand il y a plus de mouvement. Bien que l'Usure et la Réparation varient dans leurs taux respectifs, elles ne cessent jamais de se produire. Pendant l'activité, la réintégration se trouve distancée par la désintégration, jusqu'à ce que, par une conséquence logique, la langueur fonctionnelle s'achève en un repos, qui permet a la réintégration de dépasser la désintégration et remel les parties dans leur intégrité. A.vec l'Usure et la Réparation, ainsi que cela a lieu partout où se passent des actions antagonistes, nous voyons se produire des éearts rythmiques des deux côtés opposés de l'étal moyen, changements qui ^'équilibrent mutuellement par leurs excès alternatifs. {Premiers Principes, 85, 17:!.) Lorsque la fonction esl portée à l'excès, elle peul produire une usure si grande que la réparation ne puisse se faire complètement pendant la durée ordinaire du repos quotidien ; il peut en résulter des incapacités permanentes. La réparation, on la faculté de reproduire des parties lésées nu môme perdues, est plus grande chez les organismes inférieurs, el disparaît presque chez les formes supérieures: cela se voit cln/. l'Hydre, dont une partie quelconque
est en état de produire les autres; tandis que chez les mammifères et les oiseaux, il est souvent difficile de guérir des blessures, même imparfaitement.
63. — Il y a une harmonie complète, très évidente, entre la première des inductions précédentes et la déduction qui découle immédiatement des premiers principes. Entre l'activité d'une partie spéciale et l'usure de cette partie, on peut établir déductivement une relation, bien qu'on ne puisse conclure que cette relation soit également définie.
64. — Il n'est pas facile d'interpréter déductivement les phénomènes de Réparation. La réparation d'un tissu usé peut être considérée comme étant due à des forces analogues à celles par lesquelles un cristal reproduit son sommet cassé quand il est placé dans une solution semblable à celle dans laquelle il s'est formé. Dans le cas du cristal, on attribue cette réintégration à la polarité, force dont la nature nous est complètement inconnue. Toutefois, quelle que soit sa nature, il est probable que le pouvoir par lequel certains organes se réparent aux dépens des substances nutritives qui circulent en eux, est du môme ordre.
65. — L'aptitude d'un organisme à se recompléter quand une de ses parties a été coupée, comme la reproduction de la patte coupée d'un lézard, ou le développement d'un jeune Bégonia du fragment d'une feuille, est du môme ordre que celle d'un cristal endommagé à se recompléter lui-môme. Il n'existe pas de nom approprié à cette faculté. Si nous substituons à cette périphrase : — le pouvoir qu'ont certaines unités de s'arranger dans une forme spéciale — le terme de polarité organique, sans y admettre plus qu'il n'a été prouvé, nous nous servirons de ce mot de polarité des unités organiques pour désigner la cause prochaine de l'aptitude des organismes à reproduire les parties qu'ils ont perdues.
66. — Que sont ces unités organiques '? La polarité ne saurait résider dans les unités chimiques, les composés chimiques immédiats des corps organiques, les atomes d'albumine, etc. car, dans ce cas, rien n'expliquerait la dissemblance des divers organismes. Elle ne saurait non plus résider dans la cellule puisqu'elle n'est point universellement coexistante avec cette unité morphologique . Nous avons lieu de croire que les unités
chimiques se combinent en unités infiniment plus complexes qu'elles-mêmes, si complexes qu'elles soient déjà. Dans chaque organisme, les Unités Physiologiques sonl produites par celle combinaison nouvelle d'atomes d'une composition très complexe cl ont un caractère plus ou moins distinctif. Nous devons conclure que, dans chaque cas, une légère différence de composition dans ces unités amenant une légère différence dans le jeu réciproque de leurs forces, produit une différence dans la forme que prend alors leur agrégat.