‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 45 sur 409 · V. — ADAPTATION · texte numérisé non relu

V. — ADAPTATION

67. — Les organes arrivés à leur plein développement possèdent une certaine faculté de se modifier, de telle sorte que, pendant que l'organisme, comme tout, conserve à peu près le même volume, les proportions de ses parties peuvent avoir varié considérablement. Leurs variations, dont nous traitons ici sous le titre d'Adaptation, dépendent de spécialités de l'action individuelle. Nous venons de voir que les actions des organismes provoquent des réactions sur ces organismes; et que les spécialités d'action provoquent des spécialités de réaction. Il reste à faire voir que les actions et réactions spéciales ne finissent pas en îles changements temporaires, mais qu'elles en effectuenl de permanents. Si, chez un animal adulte, l'Usure el la Réparation dans ion les les parties se trouvaient exactemenl balancées, il est évidenl qu'aucun changement ne se produirai! dans le volume relatif des organes. Mais celle balance exacte n'existe pas. Quand l'excès de fonction, et par suite l'excès d'usure, est modéré, il n'est pas sinipleinenl compensé, mais plus que compensé par la réparation ; il j a un certain accroissement de volume. La croissauce des muscles soumis à un travail plus qu'ordinaire est un fait qui tombe sous les sens. El c'esl an principe égalemenl général que. au delà d'une certaine limite, assez vite atteinte, <m n'oblieni que peu ou poini de modiûcation. Au bout d'un certain temps, aucun entraînemenl n'augmentera les forces d'un athlète. On a remarqué aussi que L'augmentation limitée de volume d'un organe ne se soutiendra pas, à moins que L'accroissement de fonction ne soit permanent. Les jambes qu'avait fortifiées un

voyage à pied, redeviennent faibles après le retour prolongé à la vie sédentaire. Il est aisé d'observer aussi que la rapidité avec laquelle se perd complètement une faculté artificielle, est en raison directe du peu de temps qu'on a mis à l'acquérir.

08. — On ne voit pas tout d'abord pourquoi un organe exercé un peu au delà de son habitude, se met à croître et se trouve ainsi en état d'opposer un accroissement d'offre à un accroissement de demande. La réponse que nous pouvons espérer trouver à cette question doit être cherchée dans les effets opérés dans l'organisme comme tout, par la fonction accrue d'une de ses parties. Un travail additionnel imposé à un muscle implique un travail additionnel imposé aux artères qui le fournissent de sang, aux chylifères, aux nerfs, dont le résultat sera une activité temporairement accrue et une assimilation en excès pour compenser cette activité.

69. — Pourquoi les modifications adaptives d'un animal atteignent-elles bientôtune limite? et pourquoi, chez les descendants de cet individu, cette limite ne peut-elle être reculée que très lentement ? Ici la relation de cause à conséquence est plus manifeste que dans le paragraphe précédent. Car il ne faut pas oublier que chez un animal adulte, c'est-à-dire un animal ayant atteint l'équilibre entre l'assimilation et la dépense de force, il ne peut y avoir un accroissement de la nutrition de quelques organes, sans qu'il y ait diminution de celle d'autres organes, et un établissement organique de l'augmentation implique un établis sèment organique delà diminution, — implique deschangements plus ou moins grands des processus et des structures dans tout l'organisme. Et ici se trouve expliqué pourquoi les animaux en état de croissance subissent les adaptations avec une facilité incomparablement plus grande que ne le font les animaux adultes. Car tant qu'il y a excès de nutrition, il est possible que des parties exercées d'une manière spéciale s'agrandissent d'une manière spéciale, sans que d'autres parties aient à subir une soustraction positive. Il suffit qu'il y ait une soustraction négative, c'est-à-dire une diminution d'accroissement des autres parties.

70. — Il suit des explications précédentes, que les organismes et les espèces reviennent bientôt à leurs structures primitives, quand ils sont rendus à leurs conditions premières. Car nous

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avons vu que la condition de la partie modifiée spécialemenl ne peul rester longtemps en équilibre avec le reste. Les organes affectés indirectement, mais pas encore modifiés fortement, reprennent le cours anciende leurs actions, dès que la cause perturbatrice a cessé. Los parties qui en dépendenl feront, par conséquent, à peu près de môme. Jusqu'à ce que, parle renversement du processus adaptif, l'organe soit enfin ramené, à peu près, à sou étal primitif. On peut conclure de là à la stabilité relative «les types organiques.

71. —Ainsi compris, les phénomènes de l'adaptation s'accordent avec les premiers principes.

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