‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 47 sur 409 · VII. — LA GENÈSE · texte numérisé non relu

VII. — LA GENÈSE

73. — Nous avons choisi le titre de Genèse comme étant moins spécialisé que ceux de génération ou de reproduction, pour désigner la multiplication des individus. La Genèse peut se subdiviser en deux: grandsprocessus fondamentaux. Dans la première division, VHomogerièse, ou Gamogenèse, les générations successives sont toutes semblables, et la genèse, toujours sexuelle. Dans la seconde, YHétérogenèse, les générations successives ne se ressemblent pas. el la genèse est asrwuelle, avec des retours accidentels de genèse sexuelle. Dans toute espèce qui se multiplie par homogenèse, chaque génération, et celle qui la suit, se compose de mâles et de femelles; et le germe fécondé ne produit qu'un individu. Les divisions principales del'homogenèse sont: les 0y/jD«res, exemple, les oiseaux ; les Vivipares, exemple, les mammifères; les Ovo-vivipares , intermédiaires ; exemple, les scorpions. UHétérogenèse, ou genèse asexuelle, ou Agamogenèsp, est interrompue, plus ou moins fréquemment, par la gamogenèse ; c'est-à-dire que d'une génération de mâles et femelles provient une génération d'individus n'étant ni maies ni femelles, mais produisent la génération suivante par bourgeonnement ; plusieurs individus, dans ce cas, sortant d'un unique germe fécondé. On peut aussi subdiviser l'Hélérogenèse en : 1° Parthénogenèse où se trouve à côté de la gamogenèse une forme (Xagamogrnèse qui lui ressemble exactement, sauf qu'il ne se produit pas de fécondation, la reproduction s'effectuant par l'intermédiaire de mères vierges; 2° Métagenèse, où dans l'Agamogenèse les nouveaux individus se reproduisent par bourgeonnement, non de parties reproductrices spécialisées des

parents, niais de n'importe quelle partie non spécialisée. Si les individus reproduits ainsi croissent à l'extérieur des parents, la Métagenèse est externe ; si c'est à l'intérieur, elle est interne; :> la Pseudo-Parthénogenèse, intermédiaire entre elles, n'est qu'une Agamogenèse se poursuivant sur un organe reproducteur, processus dont les Aphides sont un exemple familier. Le tableau suivant donnera une idée approximative des insensibles gradations de l'Évolution.

Homogenèse

ou Gamogenèse

Ovipare

ou

Ovovivipare

ou

Vivipare

La Genèse est

/ Gamogenèse

Hétérogenèse \ alternant

qui est ) avec

IrAsamogénèse

Parthénogenèse

ou Pseudo -parthénogenèse

ou / interne Métage-< ou nèse (externe.

7i;. — La genèse sous toutes les formes est un processus de désintégration négative ou positive ; et, à ce titre essentiellement opposé au processus d'intégration qui est nu élément de l'évolution individuelle. La désintégration négative se rencontre dans les cas où. connue die/ les Hydrozoaires composés, il se fait un développement continu de nouveaux individus par gemma lion sur les corps d'individus plus vieux; e1 où les individus plus vieux sont par là empochés de parvenir a un volume plus grand, ou d'atteindre à un plus baui ûr^vO d'intégration. La désintégration positive se présente dans le cas d'agamogenèse où la formation de nouveaux individus est discontinue, et dansions les cas (le gamogenèse. Il > a divers degrés de désintégration.

"7. — Sous chacune de ses formes diverses, l'acte essentiel de la gamogenèse est l'union de deux centres ou cellules, produits par des organismes différents, la cellule spermatique (''tant le produit mille, ei la cellule germinative le produit femelle,

Il existe beaucoup de modes et de modifications de modes pour la production de ces cellules, et beaucoup de modes et de modifications de modes pour amener leur contact, et aussi beaucoup de modes et de modifications de modes pour assurer aux germes fécondés qui en résultent les conditions favorables à leur développement. Sans nous arrêter aux circonstances variables concomitantes de la gamogenèse, et bornant notre attention à ce qu'il y a de constant, nous trouvons : — qu'il y a, habituellement, si ce n'est universellement, une fusion de deux portions de substance organique, qui sont, soit des individus distincts eux-mêmes ou des parties émises par des individus distincts ; que ces portions de substance organique, qui contrairement à ce qu'on eut pu attendre, sont distinguées les unes et les autres par leur degré inférieurde spécialisation, sont arrivées à des états de repos naturel, ou équilibre ; que si elles ne sont pas unies, cet équilibre aboutità la dissolution ; mais que par leur mélange, cet équilibre est détruit, et qu'une nouvelle évolution commence.

78. — Quelles sont les conditions sous lesquelles s'opère la Genèse ? Comment se fait-il que certains organismes se multiplient par bomogenèse et d'autres par hétérogenèse ? Comment se fait-il que lorsque l'agamogenèse est larègle, elle soit de temps en temps remplacée par la gamogenèse ? Ces questions sont d'un intérêt extrême, mais on n'est pas encore parvenu à y répondre d'une façon décisive. Dans l'état actuel de la Biologie, nous devons nous contenter de chercher la direction où il faut chercher la réponse. L'étude des faits nous révèle certains rapports qui, s'ils ne sont pas universels, sont trop généraux pour n'avoir pas une signification. La loi générale à laquelle se conforment et riiomogenèse et l'hétérogenèse paraît donc être que les produits d'un germe fécondé continuent à s'accumuler par la croissance simple aussi longtemps que les forces d'où la croissance résulte dépassent de beaucoup les forces antagonistes ; mais que lorsque la diminution d'une série de forces, ou l'accroissement de l'autre, amène une diminution considérable de cet excès, et un état qui se rapproche de l'équilibre, des germes fécondés paraissent de nouveau. Que le produit-germe soit organisé autour d'un axe, ou autour de plusieurs axes, naissant par agamogenèse, — que le développement soit continu ou

discontinu, il n'importe. Que, dans les organismes concrets tels que ceux des animaux supérieurs, cel étal voisin de l'équilibre résulte de l'accroissement disproportionné de la dépense qu'impose l'accroissemenl du volume [Biologie, i6) ou que, comme dans les organismes, en partie ou totalemenl discrets, connut1 la pluparl des plantes et beaucoup d'animaux inférieurs, ce rapprochemenl de l'équilibre résulte d'un déclin absolu <m relatif de nutrition, il n'importe. En tous cas, le retour de la gamogenèse est associé avec une décroissance plus ou inoins marquée dans l'excès du pouvoir de produire des tissus. On ne peut dire, à la vérité, qu'une décroissance, dans cet excès, aboutisse toujours à la gamogenèse; car il y a des preuves du contraire, dans ce fait que certains organismes se multiplient pendant un temps indéfini par agamogenèse seulement. On peut dire qu'un état se rapprochant de l'équilibre entre les forces qui causent la croissance et Celles qui s'y opposent, est la condition principale du retour de la gamogenèse mais qu'il \ a d'autres conditions inconnues, en l'absence desquelles cet étal rapproché de l'équilibre n'esl pas suivi de gamogenèse.

~\). — Il n'a point encore été fait de réponse à la question : Pourquoi la gamogenèse se représente-t-elle ? Puisque d'une part elle ne revient que chez les individus qui s'approchent d'un étal d'équilibre organique ; etqued'autre pari, les cellules sperma tiques el germinatives que ces individus émettenl sonl des cellules où les changements du développement oui abouti à l'étal de repos, mais dans lesquelles après leur union, se produii un processus actif de formation de cellules \ nous pouvons supposer que l'approche d'un état d'équilibre général chez ces indi\ iilus gamogenétiques esl accompagnée d'une approche vers un équilibre moléculaire eu eu\ ; el que le besoin de l'union des cellules spermalique et germinative n'esl autre chose que le besoin de renverser cel équilibre, et de rétablir un changement moléculaire actif dans le germe détaché — résultai qui s'effectue probablement par le mélange des unités physiologiques légèremenl différentes émananl d'indn idus différànl légèremenl entre eux. La « Sélection Naturelle » tendra de plus eu plus à déterminer la période où commence la gamogenèse, el aussi ia proportion la plus avantageuse des mâles el des femelles.

Page 1