III. — ASPECT GÉNÉRAL DE L'HYPOTHÈSE DE L'ÉVOLUTION
116. — Au contraire, l'hypothèse de l'Évolution est favorisée par son origine, ayant pris naissance en des temps relativement éclairés, et chez les esprits les plus instruits de cette époque.
117. — Chaque progrès nouveau des connaissances confirme la croyance en l'unité de la Nature, et la découverte que l'Évolulution s'est produite, en religion, en philosophie, dans la science et dans les arts, nous donne lieu de croire qu'il n'est pas une province de la Nature où elle ne se produise.
118. — La production de toutes les formes organiques par la lente accumulation de modifications sur modifications, et par les lentes divergences résultant de l'addition continuelle de nouvelles différences aux différences déjà acquises, peut se concevoir dans ses grandes lignes, sinon en détail. C'est une conception symbolique légitime. {Premiers Principes, 9.) Si une seule cellule, dans des conditions favorables, devient un homme en l'espace de quelques années, il ne peut sûrement pas y avoir de difficulté à admettre que, dans des conditions appropriées, une seule cellule ait pu, au cours de millions innombrables d'années, donner naissance à la race humaine.
•119. — Cette hypothèse, qu'on peut concevoir d'une façon définie, outre que de nombreuses analogies la soutiennent, est aussi appuyée par des preuves positives: nous avons la preuve positive qu'un processus du genrede celui dont il s'agit se poursuit réellement de nos jours; et bien que les résultats de ce processus, tels que nous les voyons actuellement, soient infimes en comparaison de la totalité des résultats qu'on lui a attribués, ils son i cependant, eu égard ;i celle totalité, dans une proportion aussi considérable que celle par laquelle on a justifié l'hypothèse de la structure de la Terre par l'action des forces naturelles.
120. — Enfin, le sentiment qu'on ue supposait pouvoir satisfaire que parla doctrine des créations spéciales est bien mieux satisfait, par la théorie de I Evolution , puisque celle théorie ne donne lieu à aucune implication contradictoire au sujet de la cause
inconnue du genre de celles que soulèverait la doctrine opposée. Quoi qu'on puisse penser des maux qui accompagnent l'Évolution, il est certain qu'ils n'impliquent pas une malveillance gratuite.
121. — L'hypothèse de l'Évolution se recommande donc à nous par son origine, sa consistance, ses analogies, ses preuves directes, et tout ce qu'elle implique. Examinons maintenant les divers ordres de faits qui lui prêtent indirectement un appui, notant d'abord l'harmonie qui existe entre elle et plusieurs des « Inductions de la Biologie » (chap. iv).