IV. — ARGUMENTS TIRÉS DE LA CLASSIFICATION
122. — Dans la Biologie (103) nous avons vu que les relations qui existent entre les espèces, les genres, les ordres et les classes d'organismes ne sauraient être expliquées comme des résultats des causes que l'on indique ordinairement. Peut-on les interpréter comme des résultats de l'Évolution?
123. — On ne peut qu'être frappé de ce fait, que les naturalistes ont été obligés d'arranger les organismes en groupes subordonnés à d'autres groupes, et que c'est précisément l'arrangement qui se produitpar la descendance, dans les familles et dans les races d'hommes.
124. — Le fait que, tandis que les plus petits groupes sont les plus rapprochés les uns des autres et qu'il existe entre les grands sous-règnes des contrastes profonds de structure, ne peut que frapper quand on voit que, partout où paraît l'Évolution, se produisent précisément ces petits groupes faiblement distingués, d'un côté, et de l'autre ces grands groupes fortement différenciés.
125. — En outre, de même qu'entre les espèces, les genres, les ordres, les classes, etc., que les naturalistes ont établis, il y a des degrés de transition, de même, entre les groupes, sousgroupes et sous-sous-groupes qui ont subi 1 Évolution, il y a des groupes de valeur intermédiaire.
126. — Ces trois correspondances acquièrent une valeur de plus par le fait que la parenté des groupes se remarque dans leurs formes inférieures plutôt que dans les supérieures, ce qui est précisément le genre de parenté que l'hypothèse de l'Évolution implique.
l'7. — Il \ a (loin- de bonnes raisons de croire avec Darwin « que l;i proximité de la souche généalogique, seule cause connue de ressemblance entre les êtres organisés, esl le lien, en partie masqué par des modifications plus ou moins considérables, qui non-, esl en partie révélé par nos classifications ». Origine des Espèi es, 1859.)