‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 56 sur 409 · Y. — ARGUMENTS TIRÉS DE L'EMBRYOLOGIE · texte numérisé non relu

Y. — ARGUMENTS TIRÉS DE L'EMBRYOLOGIE

128. — La subordination des classes, ordres, genres et espèces que les naturalistes ont été amenés à établir, est justement la subordination qui résulte de la divergence et de la redivergence des embryons à mesure qu'ils se développent, i I>inl<><jic. 52.) Dans l'hypothèse de l'Évolution, ce parallélisme indique cette parenté primordiale de tous les organismes et cette différenciation progressive de tous que l'Évolution suppose.

129. — L'hypothèse de l'Évolution, tout en présupposant ces rapports généraux que l'on a reconnus chez les embryons, explique aussi certaines dérogations d'un ordre secondaire. Si nous nous rappelons les intrusions perpétuelles des organismes dans les modes de vie les uns des autres, souvent extrêmement différents, et si nous nous rappelons que ces empiétements ont eu lieu des le commencement, nous serons moins étonnés de trouver tjue la loi générale de la ressemblance embryologique esl restreinte par des irrégularités, pour la plupart petites, souveni considérables, et quelquefois grandes. L'hypothèse de l'Évolution explique ces irrégularités ; elle l'ail plus, elle en implique la nécessité.

1 : J ( > . — Les substitutions et les suppressions d'organes sont au nombre des phénomènes embryologiques secondaires qui concordent avec l'hypothèse de l'Évolution, mais qui ne peuvenl

B'accorder avec aucune au lie doctrine. Il existe des cas où. pendant les premiers temps de son développement, un embryon possède des organes qui disparaissent parla suite, parce que d'autres organes se forment pour remplir les mêmes fonctions. Il y a aussi des cas où des organes apparaissent, grandissenl Jusqu'à un certain point, n'ont aucune fonction a remplir, et disparaissent par résorption.

131. — L'embryologie comparée nous apprend qu'outre les substitutions d'organes, il y a ce que l'on peut appeler des modes de développement substitués, qu'on peut distinguer en directs et indirects. Les transformations bien connues des insectes montrent combien est détournée la route par laquelle l'embryon parvient à l'état adulte, chez quelques divisions des Articulés. D'autres divisions, telles que les Arachnides, montrent au contraire combien courte peut être la route. Comment le mode direct de développement s'est-il substitué au mode indirect, ainsi que cela doit être, suivant l'hypothèse de l'évolution ? Nous avons vu qu'on peut croire que, tandis que les polarités des unités physiologiques déterminaient la structure de l'organisme comme tout, de son côté, l'organisme comme tout, si sa structure est changée par des forces incidentes, réagit sur les unités physiologiques et les modifie en conformité avec sa nouvelle structure. Cette action et cette réaction entre un agrégat organique et ses unités, tendant toujours ta amener une harmonie absolue entre les deux, doit rendre continuellement les processus de développement plus directs ; et cela nous fait nous attendre, ainsi que les faits le montrent, à ce que là où les conditions et la structure ont été le plus constantes, le mode d< développement sera le plus direct, et que celui-ci sera le plus indirect là où il se sera produit les plus grands et les plus nombreux changements dans les habitudes et les organes des races mères des organismes. Entre les parties différentes du môme embryon, il y a des dissemblances dans le mode de formation qui paraissent avoir des significations analogues. Les parties influençant le tout, selon des degrés qui varient suivant leur masse, il en résulte une autre influence, qui, dès le début, doit commencer à modifier les métamorphoses de chaque espèce d'embryon, et faire qu'il manifeste des commencements de divergences d'avec les embryons des ancêtres desquels l'histoire est la même que celle des siens.

132. — Ainsi, tandis que la loi embryologique énoncée par Von Baer est enharmonie avec l'hypothèse de l'évolution, et, en réalité, est une loi qu'implique cette hypothèse, les petites dérogations à cette loi s'expliquent aussi par l'hypothèse de l'évolution.

L'ÉVOLUTION l>K LA VIE nr

Page 1