VI. — ARGUMENTS TIKÉS DE LA MORPHOLOGIE
133. — L'unité du plan sur lequel sont construits les organismes alliés, à l'état adulte, impose aussi l'idée d'Évolution. Ce ne peut être par hasard que vingt segments caractérisent également le lampyre, la bête à bon Dieu, le papillon, la puce, le crâne et le homard. Les déviations accidentelles de ce plan, comme dans le cas des araignées et des mites, qui ont moins de vingt segments, alors qu'elles éloignent l'idée d'un dessein, renforcent la conclusion que les formes organiques viennent de souches communes par des divergences et des redivergences perpétuelles.
134. — Outre ces homologies animales, il existe des homologies non moins significatives entre les différents organes du même organisme, comme, dans les sépales, les pétales, les étamines et les pistils, dans une fleur quelconque, sont tous construits sur le même modèle. Ces ressemblances masquées par des dissemblances seraient moins qu'intelligibles si l'on supposait que les organismes ont été formés séparément tels qu'ils sont maintenant ; mais on se les explique aisément si l'on croit que chaque espèce d'organisme est un produit de modifications.
135. — La présence, dans toutes les espèces d'animaux et de plantes, d'organes rudimentaires, sans utilité, correspondant à des parties fonctionnellement utiles chez des animaux et des plantes alliés, est encore un fait auquel nous pouvons nous attendre, suivant l'hypothèse de L'Évolution. Comme ieditDarwin: <■ Il semble très clair que les ailes ont été faites pour voler, et pourtant chez combien d'insectes ne voyons-nous pas des ailes si réduites qu'elles son!, incapables do servir au vol, on même repliées sous des élytres, fermement soudées ensemble. "(Origine des Espèces, is.'i!).)
136. — Les principes généraux delà morphologie coïncident ainsi dans leurs inducl ions.