IX. — FACTEURS EXTERNES DE L'ÉVOLUTION
148. — Les rythmes astronomiques {Premiers Principes, 83) imposent aux organismes des changements incessants par l'incidence des forces, de deux manières. Ils les soumettent directement aux variations des influences solaires, de telle façon que chaque génération est quelque peu différemment influencée dans ses fonctions; et ils amènent indirectement des altérations com-
pUquées dans les facteurs environnants, en mettant chaque espèce en présence de conditions physiques nouvelles.
L49.__ Comme on L'a déjà fait voir {Premiers Principes, 158),
il suit de la loi de multiplication des effets que, durant de longues périodes, chaque région de la surface terrestre augmente en hétérogénéité déforme et de substance. D*où il suit que les plantes el les animaux de toutes les espèces sont, au cours des générations, soumis, par ces altérations dans la croûte de la Terre, à des séries de forces incidentes différant des premières séries, à la fois par des changements dans les proportions des facteurs et, à l'occasion, par L'addition de nouveaux facteurs.
150. — Les variations climatologiques, qui sont d'origine géologique, étant combinées avec celles qui résultent des lents changements astronomiques, et aucune correspondance n'existant entre les rythmes géologiques et les rythmes astronomiques, le môme plexus d'actions ne se reproduit jamais. D'où il résulte que les forces incidentes auxquelles les organismes de chaque localité sont exposés par des actions atmosphériques passent toujours dans des combinaisons sans analogues, et ces combinaisons deviennent, en moyenne, toujours plus complexes.
151. il y a aussi les changements encore plus compliqués dans l'incidence des forces que les organismes exercent les uns sur les autres. (Biologie, 105.) A mesure que le nombre des espèces avec lesquelles chaque espèce est en relation se multiplie, chnque espèce se trouve plus souvent soumise à des changements dans les actions organiques qui l'influencent, les changements plus fréquents deviennent tous de plus en plus intriqués, et les réactions correspondantes affectent des Flores et des Faunes plus étendues par des moyens de plus en plus complexes et variés.
1 52. — Quand nous examinons ces causes devenant toutes plus compliquées en elles-mêmes, et en même temps coopérant de façons plus ou moins nouvelles, nous reconnaissons qu'à travers tous les temps, les organismes mil été exposés à des successions Incessantes de causes modificatrices qui acquièrent peu à peu une complexité à peine concevable.