‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 61 sur 409 · X. — FACTEURS INTERNES DE L'ÉVOLUTION · texte numérisé non relu

X. — FACTEURS INTERNES DE L'ÉVOLUTION

153. — Dans les Premiers Principes, en considérant les phénomènes de l'évolution en général, les caractères et les causes principales de ces changements qui constituent l'évolution organique ont été brièvement esquissés. Il nous faudra maintenant examiner les divers processus qui en sont le résultat, comme ils se produisent simultanément chez les individus et chez les espèces.

loi. — La loi de l'instabilité de l'homogène (Premiers Principes, 149-155) a ici un triple corollaire. Interprétée en rapport avec les changements toujours progressifs, toujours plus complexes dans les facteurs externes, elle nous amène à conclure qu'il doit y avoir une tendance prédominante vers une plus grande hétérogénéité dans toutes les espèces d'organismes considérés à la fois comme individus et comme générations successives, aussi bien que dans tout assemblage d'organismes constituant une espèce , et par conséquent dans chaque genre, chaque ordre et chaque classe.

155. — On a fait voir comment la multiplication des effets conspire avec l'instabilité de l'homogène pour produire une multiformité croissante de structure dans l'organisme. [Premiers Principes, 159.) Cette multiplication devient également une cause de multiformité croissante dans l'agrégat d'individus constituant une espèce. La Flore et la Faune de chaque région sont unies par l'enchevêtrement de leurs relations en un seul tout, dont aucune partie ne saurait être influencée sans que les autres le soient aussi. De là chaque différenciation dans un assemblage local d'espèces y devient la cause de différenciations ultérieures.

156. — On a déjà v\i(Pre?niers Principes, 166) qu'en conformité avec la loi universelle que les unités mêlées sont séparées par des forces incidentes pareilles, il se produit des distinctions définies toujours croissantes parmi les variétés, partout où se produisent des séries distinguées d'une façon définie de conditions auxquelles les variétés sont respectivement soumises. Les distinctions définies croissantes de structure dans les organismes individuels ont les mêmes causes.

157. — Ce qui précède semblerait impliquer que L'évolution organique a été universelle; qu'il n'y a pas eu cette persistance sans progression qui se produit quelquefois. Mais puisque, par la migration, il est possible que les espèces se conservenl dans des conditions assez constantes, il s'ensuit qu'il doi! y avoir une proportion de cas où une plus grande hétérogénéité de structure ne s'esl pas produite.

158. — Il ne suffit pas de montrer que la progression résulte non d'une tendance spéciale, inhérente aux corps vivants, niais d'un effet général moyen de leurs relations avec les action -^ el réactions environnantes. On peut fort bien concevoir que des agrégats deviennent plus hétérogènes sous l'influence de forces incidentes qui changent, sans qu'il leur soit donné cette forme particulière d'hétérogénéité nécessaire à l'exécution des fonctions vitales. Il nous reste maintenant à rechercher comment la production et la conservation de cette forme particulière d'hétérogénéité se trouve assurée.

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