‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 69 sur 409 · III. — COMPOSITION MORPHOLOGIQUE DES PLANTES [suite · texte numérisé non relu

III. — COMPOSITION MORPHOLOGIQUE DES PLANTES [suite

187. — Chez les Phanérogames, l'agrégation du troisième ordre se présente toujours distinctement ; et les agrégats des quatrième, cinquième, sixième ordres, etc., sont très communs.

188. — Réduites h leur expression la plus générale les vérités que nousavons trouvées en étudiantle développement des feuilles simples en feuilles composées sont lessuivantes. Chaque groupe d'unités morphologiques, ou cellules, qui est intégré dans l'unité composée appelée feuilles, a, dans chaque végétal supérieur, une forme typique, due à l'arrangement spécial de ces cellules autour d'une nervure médiane et de nervures secondaires. Si la multiplication des unités morphologiques, au momenl où le bourgeon foliacé reçoit ses principaux linéaments, dépasse une certaine limite, '-es unités commencenl à s'arranger autour de centres secondaires ou lignes de développement, de façon à répéter, en partie ou en totalité, laforme t> pique; les veines les plus grandes se transforment en nervures médianes Imparfaites de feuilles partiellement indépendantes, ou en nen tires médianes complète^ de feuilles complètement séparées. A mesura que s'opère cette

.transition d'un seul agrégat de cellules à un groupe formé d'agrégats de cellules, il se forme simultanément, par degrés insensibles, une structure distincte qui soutient les divers agrégats ainsi produits et les unit en un agrégat composé.

189. — La parenté fondamentale qui existe entre tous les organes foliaires d'une plante phanérogame, se révèle par les formes de passage qui existent entre eux, formes qu'ils s'empruntent réciproquement à l'occasion. Il est bien prouvé que, chez les Phanérogames, tous les accessoires de l'axe — bractées, sépales, pétales, étamines, styles et ovules — sont homologues. €e sont tous des feuilles modifiées. Aux modifications du développement des organes foliaires doivent s'ajouter celles du développement des organes axiaux. La comparaison des parties nous révèle les gradations par lesquelles les axes, comme leurs appendices, traversent toutes les variétés de volume, de proportions et de structure.

190-191. — En considérant comment, clans un végétal individuel, les feuilles simples passent à l'état de feuilles composées, leurs nervures secondaires se développant en nervures médianes, et que leurs veines médianes se mettant à simuler des axes ; et voyant que les feuilles qui présentent, d'ordinaire, une forme nettement délimitée, produisent quelquefois d'autres feuilles sur leurs bords; et considérant combien sont fréquentes les monstruosités qu'on ne saurait expliquer d'une façon satisfaisante sans admettre la transformation des organes foliaires en organes axiaux, nous sommes disposés à admettre l'hypothèse que, durant l'évolution du typephanérogamique, la distinction entre les feuilles et les axes s'est formée par degrés. Nos préjugés étant ainsi affaiblis par les faits, nous pouvons, gardant présente à l'esprit l'idée générale qu'ils nous ont suggérée, commencer à interpréter la structure typique d'une plante phanérogame.

192. — Pour procéder méthodiquement, nous devons chercher la clef de la structure des Endogènes et des Exogènes dans la structure des plantes inférieures qui s'en rapprochent, les Acrogènes. Pour qu'un axe puisse élever dans les airs les feuilles qu'il porte, il faut qu'il ait une épaisseur et une solidité proportionnées à la masse de ces feuilles; il faut un accroissement de

ses vaisseaux proportionné à la masse de celles-ci, quand le*

racines se trouvent toutes à une extrémité et les feuilles à l'autre. Maie, chez la plupart désAcrogènes, ces conditions, d'où résulte la uécessîté du développement transversal de Taxe, sont absentes ou très rares. Car leur tige rampe ordinairement au-dessous du sol, ou gît à la surface; et lorsqu'elle pousse droite ou inclinée, c'est qu'elle s'attache à quelque objet vertical ou incliné. En outre, en émettanl des radicules, ainsi qu'elle le fait le plus souvent, sur divers points de toute sa longueur, elle échappe à la nécessité de transmettre les matériaux nutritifs de l'une de ses extrémités à l'autre. De là ce caractère — croissance longitudinale et non transversale — qui donne leur nom aux Acrogônes, est une conséquence naturelle du degré inférieur de spécialisation qui s'y trouve réalisé. Concluant donc, ainsi que nous en avons le droit, que l'expansion latérale qui accompagne l'extension longitudinale, caractère général des Endogènes et des Exogènes et qui les distingue des Acrogènes, n'est qu'une conséquence du développement vertical qui leur est habituel, voyons maintenant comment le développement vertical prend naissance et quels sont les changements de structure qu'il implique'.

193. — Pour leur prospérité, les plantes dépendent principalement de l'air et de la lumière ; elles dépérissent quand elles snnl privées d'air, et elles prospèrent quand elles peuventétalër leurs feuilles librement dans l'espace aux rayons du soleil. Il y a deux manières essentiellement différentes par lesquelles elles peuvent acquérir la raideur nécessaire à leur croissance perpendiculaire. Il est présumable, d'après le l'ail bien connu qu'une légère couche de substance acquiert beaucoup de force quand on l'enroule en forme de tube, que la sélection naturelle favorisera les frondes des Acrogènes qui s'ejarouleronl sur ellesmêmes, et surtout celles dont les bords se rencontreront el s uniront en forme de gaines. Si, pendant que les frondes continuent à naître des frondes, la série des nervures médianes unies continue a être nu canal de circulation, il en résultera un axe plein enveloppé d'une couche foliaire extérieure ou gaine, Biais si, d'autre part, les faisceau? vasculaixes se distribuent tout autour du tube, la structure aboutira à un cylindre creux.

La première de ces structures est celle d'un Dendrobium, la dernière celle d'une Graminée.Le seul autre moyen par lequel on puisse obtenir la consistance nécessaire, c'est l'épaississement et le durcissement des séries de nervures médianes soudées ensemble. Les nervures médianes successives qui entrent dans l'union commune deviennent plus volumineuses que leurs portions libres, et il y aura un plus grand développement de cette portion qui unit les frondes successives par laquelle elles restent en communication avec les racines, et sont élevées audessus du sol. Parmi les plantes qui croissent en buisson, où les surfaces assimilatrices sont plus susceptibles d'intercepter la lumière les unes des autres, la sélection naturelle continuera à donner l'avantage à celles qui portent leurs surfaces assimilatrices au bout des pétioles. D'où résulteront la disparition des stipules et les découpures foliacéesdes nervures médianes, et enfin la production de la feuille pétiolée ordinaire. Cependant l'axe s'épaissit en proportion avec le nombre de feuilles et la quantité de nourriture qu'il a à porter, ce qui produit un contraste plus marqué entre lui et les pétioles.

194. — Quelle est l'origine des bourgeons axillaires? On peut l'expliquer de la même manière que celle des bourgeons terminaux. Cbez certaines plantes, non seulement la fronde primaire émet, par bourgeonnement, des frondes secondaires par sa ner- ■ vure médiane, mais la plupart des frondes secondaires émettent pareillement des frondes tertiaires, et môme, chez quelques-unes de ces frondes tertiaires, cette prolifération se répète. Si, maintenant, cette habitude devient organique; si elle devient, ce qui arrive naturellement, le caractère d'un végétal à croissance luxuriante, dont les parties en voie de développement sont nourries par celles qui sont déjà développées, il arrivera, pour chaque série latérale, comme pour la principale, que ses éléments successifs commenceront à se montrer à des périodes de développement de plus en plus rapprochées du début. De môme qu'en réduisant et en généralisant la série originelle nous arrivons à la structure du bourgeon terminal, en réduisant et en généralisant la série latérale nous arrivons à une structure qui répond par sa nature et par sa position au bourgeon axillaire.

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