‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 74 sur 409 · V. — COMPOSITION MORPHOLOGIQUE DES ANIMAUX (suite · texte numérisé non relu

V. — COMPOSITION MORPHOLOGIQUE DES ANIMAUX (suite

208. — Chez les Annelés supérieurs, comprenant les Insectes, les Arachnides, les Crustacés et les Myriapodes, la consolidation et l'hétérogénéité beaucoup plus grandes n'empêchent pas de voir que l'organisme est un agrégat du troisième ordre. Il est incontestable qu'on peut le diviser en un certain nombre d'unités juxtaposées, « segments », « métamôres » ou « somites », dont chacun a essentiellement la môme structure que son voisin, et chacun desquels est un agrégat du second ordre, en tant que combinaison organisée de ces agrégats du premier ordre que nous appelons unités morphologiques ou cellules. L'hypothèse que ces segments ou somites qui composent un animal annelé étaient originellement'des agrégats du second ordre, possédant chacun une individualité indépendante, est une hypothèse qui gagne plus de solidité par suite du contraste entre les types supérieurs et les types inférieurs, aussi bien que par le contraste qui existe entre les articulés en général et les annelés inférieurs.

209. — Chez les Mollusques qui commencent un autre grand groupe, où pour la première fois nous voyons l'homogenèse

s'imposer dans toute retendue d'un sous-règne, il n'y a pas un seul ras où l'organisme soit divisible en une ou plusieurs parties

semblables. Un Mollusque est un agrégat du second ordre. Ni dans l'animal adulte, ni dans l'embryon on ne trouve de traces d'une multiplicité départies semblables que l'intégration aurait obscurcie. Certains Mollusques simulent la structure segmentée, mais ne font que la simuler.

210. — Cbez les Vertébrés comme chez les Mollusques, l'homogenèseest universelle. Dans ces deux sous-règnes la méthode normale est l'intégration de toute la masse du germe en un organisme unique qui ne présente à aucune phase de son développement aucune tendance à se séparer en deux ou plusieurs parties. On voit, chez les Vertébrés comme chez les Mollusques, que le corps n'est pas divisible en segments homologues, pas plus dans les types supérieurs que dans les inférieurs. On ne peut couper un Vertébré en tranches transversales contenant chacune un organe digestif, un organe respiratoire, un organe reproducteur, etc. La composition segmentaire qui caractérise l'appareil de relation externe dans la plupart des Vertébrés n'est pas primordiale ou générique, mais d'origine fonctionnelle ou adaptive. Le Vertébré est un agrégat de second ordre, dans lequel une segmentation superficielle a été produite par les relations mécaniques avec le milieu. On verra plus loin que cette conception conduit à une interprétation logique des faits; — montre pourquoi s'est produite l'unité dans la variété qui existe dans chaque colonne vertébrale, et pourquoi cette unité dans la variété se révèle sous d'innombrables modifications dans les différents squelettes.

211. — Ainsi, partant des agrégats très petits de ces unités [ibysiologiques qui composent le protoplasme vivant, nous passons à l'union de ceux-ci aux: agrégats du deuxième ordre, comme les Spongiaires, etc., et, par l'union de ces derniers aux agrégats du troisième ordre, aux; Hydrozoaires. Les Mollusques et les Vertébrés ne sont que des agrégats du deuxième ordre, devenus, dans bien des cas, très grands et très complexes.

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