VII. — DIFFÉRENCIATIONS DANS LES TISSUS EXTERNES DES ANIMAUX
291. — Les tissus externes des animaux, originellement homogènes sur toute leur surface, passent a un étal d'hétérogénéité qui adapte leurs parties respectives a Leurs conditions respeolivt's. Pour nous en convaincre, il sul'lil d'étudier les animaux supérieurs.
■iKM. — I i î # ■ ii que nous associions d'ordinaire l'idée de la respiration à la fonction toute spéciale d'un organe tout spécial, elle n'est point telle à l'origine. Les animaux peu développés dégagent leur aride carbonique el absorbent L'oxygène par toute
la surface générale du corps. Même chez les types inférieurs des classes supérieures, la surface générale du corps aide beaucoup à 1' aération du sang, et les organes qui remplissent la plus <rande partie de cette fonction ne sont au fond que des prolongements cutanés légèrement modifiés. De quelle manière ces différenciations se sont-elles établies? En partie, sans doute, par la sélection naturelle, mais aussi, dans une certaine mesure, par l'hérédité d'adaptations directes.
293. par quels processus physiques la pression et le frottement amènent-ils les épaississements cutanés? De môme que chez les plantes nous avons vu les compressions intermittentes des canaux de la sève augmenter l'exsudation de ce liquide et déterminer un accroissement de dépôt des substances qu'ils contiennent dans les tissus adjacents, de môme, chez les animaux, il y a de bonnes raisons de croire que les compressions intermittentes des capillaires augmentent l'exsudation du sérum, et, par le surcroît de nourriture qu'elles fournissent aux organes voisins, amènent, toutes choses égales d'ailleurs, l'épaississement ou l'induration. Chez les animaux, donc, comme chez les plantes, les actions mécaniques externes auxquelles l'organisme doit résister agissent elles-mêmes en opérant directement, sur les tissus qu'elles affectent, les changements qui rendent ces tissus aptes à leur résister. Il suffit d'observer comment s'opère le processus d'épaississement que nous avons décrit, pour voir qu'il continuera jusqu'à ce que la défense qu'il organise suffise à protéger les capillaires contre les pressions excessives; c'està-dire, continuera jusqu'à ce qu'il y ait équilibre entre les forces externes et les forces internes.
294. — Les lecteurs qui ne sont pas familiarisés avec la facilité extrême avec laquelle les structures organiques se modifient seront étonnés d'apprendre que les poils, les plumes, les piquants et les écailles sont des parties homologues. L'examen de quelques cas montrerait cependant que cette proposition, incrovable en apparence, est d'une vérité évidente. Les appendices" se développent principalement, si ce n'est entièrement, sous l'action de causes externes agissant sur les espèces plutôt que sur les individus.